lundi 19 juin 2017

Heureuse d'avoir dit aurevoir au RER, pas à la banlieue...

Ces derniers jours j'ai réalisé quelque chose. Il faut dire que très souvent j'imagine que les gens qui me lisent pensent comme moi. Je sais, je sais c'est idiot. Il est évident que ce n'est pas parce qu'on lit un blog, qu'on suit son auteur depuis quelque temps, voir des années, qu'on est capable de lire entre les lignes et de comprendre tout ce qu'il veut dire avec quelques mots. 

Je n'avais pas réalisé que depuis deux ans je vous bassine avec ma joie d'avoir déménagé, mon bonheur de vivre à Paris et que surement quelques uns d'entres vous ont pu penser que quelque part je crachais sur la banlieue et que j'étais devenue une sorte de petite snobinarde des beaux quartiers...
Bref j'ai décidé d'écrire ce billet pour vous expliquer. Accrochez vous c'est un peu long puisque je vais tout vous raconter.

la photo n'a rien a voir je la trouve juste canon ^^
Si vous me lisez depuis un moment vous savez qu'avant de venir vivre en métropole j'ai vécu 22 ans en Martinique. Je suis née à Fort de France et j'y avais toujours vécu. J'ai découvert la France Métropolitaine, je précise parce que la Martinique ça a beau être la France c'est tellement plus loin, à l'âge de 7 ans. Mes parents m'avaient comme ils le feraient à plusieurs reprise par la suite, expédiée en vacances chez mes oncles et tantes qui vivaient déjà tous en banlieue parisienne. Je passais mes vacances en banlieue avec mes cousins et mes cousines. Je me souviens des pique nique des espaces verts, des balades dans des immenses centre commerciaux ... C'était chouette! 
Quand à 22 ans j'ai décidé de poursuivre mes études à La Sorbonne c'est tout naturellement que j'ai cherché un appartement pas loin des miens.

Je vivais à Champigny dans un petit F2 niché au 5e étage d'un immeuble ancien. J'adorais cet appartement. D'une part parce que c'était mon premier appartement à moi toute seule sans ma mère. Je l'avais décoré comme je voulais, meublé avec mes propres économies. Il y avait un joli parquet, des moulures au plafond et même une verrière dans la salle de bain.
Je mesurais ma chance d'avoir un vrai appartement avec une chambre et une cuisine et de l'espace pour moi seule, chose que je n'aurais jamais pu me payer sur Paris. Et puis il y avait ce parc immense juste à côté , ma voisine du dessous, une gentille mamie, qui m'invitait à prendre le thé. J'étais tellement bien... Mais voilà le RER commençait déjà à me gonfler. Je me souviens aussi des longues marches à pied le soir pour rejoindre mon domicile parce qu'il n'y avait plus de bus ou ces matinées noires frigorifiée sur le quai de la gare puis étouffantes agglutinée contre des corps inconnus durant le trajet interminable jusqu'à la station Chatelet. Pourtant je ne me suis résolue à quitter mon appartement d'étudiante que sous la pression de celui qui entre temps avait emménagé chez moi et était devenu mon mari. Il en avait assez d'arriver en retard au travail à cause des bus qui ne passaient jamais. Moi je travaillais à côté donc ça ne me gênait pas... J'ai quitté Champigny à regret.

Nous avons emménagé à Charenton le Pont. Toujours en banlieue mais avec la chouette dénomination de première couronne et le métro à deux pas.
J'ai presque oublié cet appartement. Il était sympa mais sans âme, sans cachet et puis je n'étais jamais là. Le métro tout proche me permettait de multiplier les sorties jusqu'à tard dans la nuit. C'était génial de pouvoir bouger ainsi parce que voyez vous avec mon mari nous avions décidé de ne pas avoir de voiture. Ni lui ni moi n'avons le permis et pas le temps de le passer. Mais pas grave, le métro nous satisfaisait amplement. Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Il nous fallait une chambre supplémentaire afin d'accueillir notre premier enfant. Je voulais de l'espace aussi et cet appartement était trop petit pour trois.

Nous avons atterri un peu par hasard à Noisy le Grand. Un grand appartement, une terrasse ombragée, un centre ville bourré de commerces, des écoles, des services, une piscine, des parcs et puis le rêve le marché trois jours par semaine à moins de 5 minutes! Le paradis des jeunes parents: la banlieue parisienne. On était vraiment au calme... enfin quand on se mettait un casque. Nous avons emménagé en pleins travaux. Ils refaisaient les caves à neuf. Des marteaux piqueurs du matin au soir. Mon fils, Arthur est né dans ce tapage. Je devais le sortir tous les jours et aller me poser dans un parc toute la journée pour fuir le bruit. Les travaux finis j'ai découvert les bruits du voisinage. Immenses espaces verts de la résidence oui mais surtout entretient régulier avec grosses machines qui font du bruit et jardiniers vulgaires sous mes fenêtres. J'ai aussi découvert que ma voisine du dessus ne faisait pas des travaux chez elle. Souffrant d'alcoolisme la dame faisait du tapage du matin au soir.     
Entre temps j'avais repris mon travail et redécouvert les joies du RER mais cette fois sur la pire jonction du RER A. Jamais de trains, trains annulés, trains qui sautent, trains à l'arrêt pendant des plombes et donc le stress permanent. Je partais toujours plus tôt déposant mon bébé toujours plus tôt donc chez sa nounou. Je rentrais toujours plus tard et donc récupérait souvent un bébé endormi le soir. Je ne voyais mon fils réveillé que le weekend... Merci le RER.
C'est en grande partie à cause du RER que j'ai décidé de devenir mon propre patron. Il m'était devenu impossible de faire correctement mon travail. Je n'y arrivais plus et puis surtout ma nounou si conciliante allait déménager... Qui allait accepter mon fils avec mes horaires de dingue... Fichu RER!!!
Peu de temps après nous avons accueilli un nouveau bébé, ma fille Rose et mon fils à fait sa rentrée en Maternelle. Déjà trois ans que nous vivions à Noisy le Grand. J'aimais toujours autant le lieu pour tout ce que je pouvais faire sans quitter la ville. Les supers marchés campagnards et celui de Noël, la médiathèque super moderne et fournie, le centre commercial à côté, le super centre aquatique sans chlore avec un toboggan de malade et même une piscine jacuzzi. Mon grand plaisir c'était mes balades du dimanche avec mes enfants et manger des pâtisseries au Parc au frais. Mais voilà mon mari commençait à péter les plombs parce que lui ne pouvait pas comme moi devenir son patron. Travaillant à Paris il devait toujours se lever tôt et rentrer tard. Le plus dur étant que cet homme ne voyait jamais ses enfants. Il les quittait endormi le matin puis rentrait les trouvant couchés.
Ce n'était évidement pas la faute de la distance car nos voisins ayant des voitures je les voyais partir bien après mon époux et rentrer bien plus tôt . Ils n'avaient pas besoin de rattraper le temps perdu le matin en heure sup le soir. Avec une voiture et sans jamais prendre le RER la vie devenait plus facile et sans contraintes.
J'ai bien entendu proposé à mon mari de passer le permis et d'investir dans une voiture. Nous en avons discuté, retourné les choses dans tous les sens c'était impossible pour deux choses: nous nous étions résolus à limiter notre impact carbone au maximum. Cela incluait ne pas avoir de voiture, partir peu en vacances, recycler au maximum nos déchets et surtout en produire le minimum. Puis nous n'avions pas les moyens d'investir dans une voiture. Payer le permis, acheter la voiture, prévoir son entretient et l'assurance et même payer le parking. J'étais enceinte de notre troisième enfant... Nous avons décidé de déménager au plus près du travail de mon mari. C'était la meilleure solution et nous avons commencé à chercher l'appartement de nos rêves!

C'est ainsi que nous sommes arrivés à Paris, pas dans le huitième parce que nous aurions été heureux d'habiter n'importe ou proche d'un métro. Vous comprenez? Ce que nous avons quitté ce n'est pas la banlieue que je regrette toujours surtout les espaces verts et les écoles. Nous ne voulions plus entendre parler du RER. 

Depuis que nous avons déménagé mon mari revit. Il peut enfin se réveiller à des heures sympa. Emmener ses enfants à l'école, leur faire la surprise de les récupérer le soir. On se fait des sorties en famille au dernier moment sans stresser parce que le métro est au bout de la rue.
Tout est plus simple enfin en théorie puisque quand même je retourne souvent en banlieue voir ma famille, me balader comme tout le monde et bah je peux vous dire que rien n'a changé. C'est dingue!
Des trains qui sautent, annulés, inexistants, en retard... Des bus qui ne passent pas et des gens qui attendent pendant une heure. La semaine dernière j'ai du me rendre à Bry sur Marne afin que ma fille passe un examen médical.... De chez moi à l'hôpital en metro, plus RER, plus bus j'ai mis deux heures soit le temps que met un TGV pour rejoindre LYON!!! C'est du pétage de gueule et c'est inadmissible de prendre à ce point les usagers en otage pour ensuite venir leur demander de laisser leur voiture afin de faire baisser la pollution! Si les transports en commun de banlieue étaient fiables, les gens n'auraient pas besoin de prendre leur voiture pour tout et nous n'aurions surement jamais quitté la banlieue. 

J'espère que mon article si long soit il ne vous a pas rebuté et qu'il vous a apporté un éclairage sur les raisons de mon déménagement et ma joie de ne plus subir le RER. Je vous souhaite une bonne journée et une belle semaine. Pour ceux qui vivent en banlieue et connaissent les tracas du RER je vous envoie plein de courage et de patience en attendant le Grand Paris <3

Rhyna


16 commentaires:

  1. Moi qui suis une parisienne de souche (j'ai grandit dans le 15ème arrondissement), jamais je n'aurais imaginé déménager en banlieue ! Et puis j'ai voulu devenir propriétaire... Le choix était simple : soit c'était la première couronne, avec une station de métro et un appart au top, soit c'était une petite surface dans Paris. Mais le RER, c'était NO WAY ! Et puis j'ai trouvé l'appartement avec jardin à moins de 10 minutes d'une station de métro. Autant dire que je ne me vois pas retourner dans Paris... Sauf si je gagne au Loto et que j'ai un appart de fou ! Mais sans voiture, je continue à refuser le RER (et pourtant j'ai mon permis) !

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    1. Tu te souviens on en avait discuté, nous avions trouvé un triplex à Charenton le pont à deux pas de là ou on vivait avant. Il y avait un jardin et je retrouvais le métro. J'ai préféré quand même Paris centre pour me rapprocher du boulot de Superman et puis j'ai eu peur de la superficie énorme de cet appartement. J'aurais été obligé de prendre une femme de ménage. Comme toi maintenant le RER c'est NOWAY!! Heureusement il va y avoir le grand Paris. Je pense que cela changera les choses.

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  2. Je ne connais pas du tout cette vie-là mais je en peux que compatir. Et puis, une fois de plus, ce sont les moins fortunés qui galèrent le plus, la vie en banlieue étant souvent moins chère, c'est j'imagine un critère quand on cherche un lieu de vie. Bref, c'est consternant.
    Bonne journée!

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    1. Même pas ma belle! La vie en banlieue est chère et à moins d'habiter un palace parisien cela se tient quand on achète une maison en banlieue. La qualité de vie y est meilleure surtout quand on a des enfants. Tout est fait pour les familles. Dans Paris c'est compliqué. Par exemple chez moi il y a beaucoup de personnes agées qui ne supportent pas le bruit. Alors les parties communes sont interdites aux enfants. Pour jouer ils doivent aller au parc sachant que les pelouses parisiennes sont interdites de pietonnage en hiver... Bref vive la banlieue! Le seul souci c'est le RER. Puis il faut trouver un endroit qu'on aime aussi <3 Bonne journée <3

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  3. Pour avoir habité en banlieue toute mon enfance et mon adolescence, je ne te comprends que trop bien...
    J'ai commencé à bosser en habitant là bas et en allant bosser à Paris. Le transilien, je le vomissais !! j'en pouvais plus de ces retards, annulations et que sais je.
    Quand j'ai pris mon première appart, j'ai bougé dans le 92. J'avais les bus, le train, le tram. J'étais proche des grand accès routier, j'avais les transports et mon copain pas loin. C'était top.
    Et puis j'ai emménagé avec chéri, entre nos deux boulots, nos envies, etc, c'était le 15e ou Boulogne Billancourt. On est désormais à Boulogne avec le métro, les bus, le tram, on est au top !!!

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    1. Coucou Dans ces mots <3 Je vois qu'on se comprend <3 Pourtant ça pourrait être top SI ils ajoutaient des trains, si les bus étaient plus fréquents, si les horaires étaient respectés... Alala ils y arrivent bien pour les métros et les trams! Bisous et j'espère te croiser un jour ;) à Boulogne ou ailleurs !

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  4. Comme je te comprends !!! J'ai grandi dans le 93, puis emménagé à Paris mais poursuivi ma scolarisation au bout du RER B pour ne pas quitter mon lycée... Et eu mes premières affectations en tant qu'instit à Saint Germain en Laye. Le bout de l'univers. 4h de transports par jour. Plus JAMAIS !!!

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    1. Oulala 4h !!! Ma pauvre :/ C'est l'enfer! Le souci finalement ce n'est pas le temps mais que ça pourrait aller plus vite si le RER ne s'arrêtait pas autant pour des soucis de plus en plus nombreux. On dirait que tous les jours il y a un problème. C'est usant à vivre à la longue <3 heureuse pour toi que ce soit fini <3

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  5. Bonjour,

    Je suis une utilisatrice du RER, mais j'ai la possibilité de passer par le bus et le métro pour éviter le RER et je suis sur la branche ouest du RER A qui semble moins touchée par les pépins quoi que... J'ai "la chance" d'habiter en petite couronne, avec des "itinéraires alternatifs" nombreux en cas de pépins. Et personnellement je n'emménagerais pas dans Paris, je ne sais pas il y a un truc qui me bloque (sans parler du prix). Je comprends cependant très bien cette hantise du RER. En tout cas vous avez pu faire ce choix et c'est top pour vous.

    Isabelle

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    1. C'est exactement cela qui est confortable quand on vit en première couronne, on a les avantages sans les inconvénients de Paris: métro, bus... Mais plus loin c'est la galère si on dépend uniquement du RER pour tous ses transports. Quand on ne peut sortir sa voiture si besoin...c'est horrible. Nous avons eu de la chance de trouver à Paris mais la première couronne aurait été sympa tout autant :)
      Rhyna

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  6. J'habite la banlieue mais un an après l'avoir regagnée ma boîte a déménagé dans une banlieue voisine et depuis je vais bosser en voiture. Du coup j'avoue que c'est confort... Mardi panne de voiture, j'ai dû prendre les transports et 2 changements (dont ce cher RER A) en pleine canicule. J'avais juste envie de pleurer :o Après malheureusement je sais bien que ça ne durera pas toujours et qu'il me faudra sûrement reprendre le RER. Si c'est pour un boulot chouette et un trajet correct so be it...

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    1. RER + canicule c'est le combo de l'enfer :( Purée je te souhaite que ta voiture soit vite réparée! Gros gros bisous

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  7. Coucou Rhyna,
    J’ai été heureuse de lire ton post, j’ai longuement pensé à ce que je pourrai y ajouter, en fait pas grand-chose car tu résumes parfaitement mon parcours et mon état d’esprit.
    Plutôt d’ailleurs que de justifier le fait d’habiter Paris qui est, pour ma part, le fruit du hasard et non pas un désir secret, je renvoie à ceux qui m’appelle (pour ne pas dire « me traite » de) bobo parisienne depuis que je me suis installée sur la capitale, l’image de mon fils épanouie : il est le meilleur exemple que si on sait tirer parti des avantages de son lieu de vie, on y est des plus heureux !
    Bises à toute la famille

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    1. Effectivement ma chère Céline tu mets le doigt sur quelque chose d'étrange. C'est à croire qu'il faudrait avoir honte de vivre à Paris et d'en être content. Parce que c'est terriblement bobo... Mais c'est quoi un bobo? Peut être mon prochain pavé tiens ;) Bisous à toi et ton grand garçon, j'ai hâte de te revoir!

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    2. On pourrait l'écrire à 4 mains cet article et il faudrait en fait 10 articles pour essayer de comprendre ce qu'est le bobo ... moi aussi hate de vous voir. J'espère libérer du temps cet été. Bises à tous

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    3. Excellente idée ^^ Nous devrions en faire un livre ;) Idée à creuser!

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