mercredi 4 mai 2016

C'est toujours le même soleil par dessus les nuages

Avoir des enfants c'est délirant. Aujourd'hui je me suis allongé dans la chambre de mes filles. Le soleil rentrait immense par les carreaux des fenêtres. J'étais allongée là avec le soleil dans la figure et Iris qui jouait juste à côté. Pendant un instant je me suis demandé si j'avais bien raison de rester ainsi allongée à côté d'elle. C'est que j'étais en position de faiblesse et elle armée d'une caisse d'accessoires pour Monsieur Patate qui font de très douloureux projectiles... surtout quand on les reçoit en plein dans le nez. Elle ça la fait rire. Moi beaucoup moins. J'adopte donc généralement une posture moins cible vivante. 
Mais là je ne sais pas. J'étais fatiguée, avec un début de migraine. Je me suis donc allongée sur le tapis sans plus me soucier du danger. 


Au début j'ai regardé le plafond. Le mobile avec les cygnes en papier. Les moulures. Puis j'ai fermé les yeux et mon monde est devenu rouge. Le soleil derrière mes paupières closes me réchauffait la tête et je me suis subitement souvenue d'un autre moment il y a très très longtemps. 
J'étais étendue dans une grande balançoire blanche en bois accrochée au prunier du jardin. J'avais les yeux fermés en plein soleil et je voyais rouge comme aujourd'hui.

Je me souviens que ce jour là, la petite fille que j'étais imaginait son futur. Je voulais forcer mon esprit à voyager à travers le temps et l'espace. Je voulais savoir quelle serait ma vie à 30 ans. Si j'avais un mari ou si j'avais des chats. Ou je vivais et ce que je faisais de ma vie. Je voulais savoir si j'étais belle et portait des talons hauts. Je voulais savoir si j'avais un enfant. Un me paraissait déjà énorme. Je me suis souvenue de mes espoirs d'enfant. De ce à quoi j'aspirais. 

Allongée dans la chambre de mes filles, durant quelques minutes j'ai laissé voir à cette petite fille que j'étais cette vie merveilleuse et folle qui l'attendait. J'avais envie de lui prendre la main pour lui montrer. Lui dire que ce serait extraordinaire. Puis je me suis pris des chaussures de monsieur patate sur le nez et j'ai manqué mourir asphyxié quand Iris s'est assise sur mon visage avec ses grosses fesses rembourrées à la couche. Hilare elle me trouvait bien marrante allongée comme ça avec mon sourire béat. J'ai donc attrapé ma fille et je l'ai mangé de bisous avant de copieusement la chatouiller pour qu'elle sache que c'est moi le sherif sur ces terres. 

Quand je m'en suis souvenue, la petite fille était déjà loin. Le lien était rompu. J'ai rangé la chambre puis nous sommes parties faire la sieste. Forcément j'ai rêvé de balançoires blanches et de prunes qui mûrissent au soleil.

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