vendredi 18 mars 2016

Le blues de la blogueuse parentale



J'allais commencer cet article avec un truc alacon, genre: cela fait maintenant 5 ans que je blogue... Mais ça fait vraiment vieille rombière qui se la pète avec ses années au compteur. On va donc éviter. Je préfère te dire que je vais avoir 33 ans cette année mais que ça déjà un petit moment que je traîne par ici et que donc voilà je commence à regarder par-dessus mon épaule comme on dit.


 Quand j'ai commencé à bloguer j'avais du mal avec les gens. J'étais du genre distant qui se soigne et sélectionne très très méticuleusement ses fréquentations. C'est que je n'ai jamais eu trop de chance avec les gens. Je ne suis jamais comme ils veulent et de toute façon je n'ai jamais voulu essayer donc l'affaire était vite mal partie.
Avec mon blog j'ai pensé que cela irait parce que de toute façon les échanges seraient virtuels donc moins pénibles... Tout faux. D'un côté il y a ce plaisir indicible que procure l'écriture sur un blog. Une liberté de ton et de sujets inépuisable. C'est grisant, c'est prenant, c'est pire qu'un alcool fort. On peut difficilement s'en passer une fois que l'on y prend goût.
Pour les rapports avec les autres c'est autre chose. Tenir un blog parental ce n'est pas facile tous les jours. Il faut composer avec les lecteurs qui sont essentiellement des parents et encore en plus grande majorité des mamans.

Une maman c'est par essence quelqu'un qui entend défendre sa progéniture et donc sa façon de faire avec ses enfants. La maman ne peut s'empêcher de penser que lorsque l'on ne fait pas comme elle on critique ses choix; Elle a vite fait de tout ramener à elle. C'est donc très compliqué d'écrire des articles pour cette cible. Il faut bien choisir ses mots, faire attention à tous les angles car au moindre écart elles vous tombent dessus à coup de:
-Chez moi je fais comme ça!
-Mon enfant lui il a fait ça!
-Chez moi ça n'a pas marché!

 Ne parler que de soi est une solution. Ne montrer que des belles choses, du bonheur tranquille et de belles photos est aussi une solution. Vous évitez habilement les sujets qui pourraient fâcher mais attention, à ne montrer que le positif on vous tombera dessus à coup d'hypocrisie, de jalousie et de mytho. Nous le savons tous la perfection n'existe pas et on vous reprochera votre manque de naturel.

Choisir l'angle cash et sans tabou est tout aussi risqué. Parler de sujets d'actualité avec hyperréalisme c'est vous exposer au pire. Vous parlez de bio on vous accusera d'être bobo. Parlez de mode vous serez snob. De sujets tabous et engagés on vous parlera de tout ce dont vous ne parlez pas... Oui je sais c'est con.

 Vous avez compris le truc? Il y a toujours quelqu'un pour trouver la faille. 

 Mais venons en au problème numéro un: le statut de blogueuse en lui même nous met dans une position d'influenceur. Mais à côté de ça il faut la jouer finement. Influencer mais pas trop. 
C'est que les mamans détestent les conseils et cela même si elles en demandent.
Exemple une maman demande:
Mon enfant ne fait toujours pas ses nuits. Il a 3 ans! Cela fait trois ans que je ne dors plus ou sinon en lui tenant la main allongée sur sa carpette.

Peu importe les conseils que vous donnerez à cette maman elle vous enverra paître. N'essayez pas. Jamais. Elle ne veut ni entendre qu'elle devrait laisser pleurer son enfant. Qu'elle est épuisée et devrait se faire aider ou que son enfant est assez grand pour s'endormir seul. Non cette maman veut juste être encouragée dans SA façon de faire à ELLE. Point barre. Vous êtes juste là pour la conforter dans SON choix personnel et lui dire ma pauvre chérie COURAGE!

 C'est à peut près pareil pour tout et n'importe quoi. Prenons l'exemple des poussettes.
J'ai coutume de dire qu'il ne faut surtout pas contrarier ce que femme veut. C'est-à-dire que si une maman s'est mise en tête qu'elle veut une certaine poussette et pas une autre il sera quasi impossible de la faire changer d'avis. Vous aurez beau lui exposer les faiblesses du produit, lui dire qu'elle ne correspond pas à son style de vie, si c'est celle là qu'elle veut elle vous enverra paître.
J'ai déjà observé des femmes s'épuisant dans le métro parisien avec des poussettes inadaptées et hors de prix. Des trucs énormes qui remplissent les trottoirs ou à l'inverse des nanas avec des petites trois roues sur des chemins de campagne ou pire sur la plage, MAIS si vous posez la question à ces femmes de savoir si elles sont contentes de leur poussette: elles répondront toutes OUI! C'est fou et ce n'est pas qu'elles veuillent avoir à tout prix raison. Non ces femmes sont seulement en mode illumination. Quand elles aiment elles ne voient que les qualités de leur produit. Si vous vous permettez de critiquer leur choix elles vous en voudront à mort. Non non ne jamais contrarier une maman il faut juste la laisser se lasser toute seule. Dans mon cas ce sont les ampoules sur mes mains qui m'ont fait comprendre que je devais de toute urgence changer de poussette il y a 5 ans. Oui oui moi aussi je suis comme tout le monde.

 Du coup devant cet état des choses les réseaux parentaux ne peuvent être que des nids à conflits en tous genres et clash quotidiens. Celles-ci parlant des couches qui chez elles fuient et celles qui disent que chez elles non. Celles qui allaitent et celles qui arrêtent d'allaiter. Celles qui n'aiment pas les surgelés, celles qui travaillent et ne savent pas cuisiner et celles qui cuisinent. Les spécialistes en tous genres et de tous bords qui ont l’œil partout.

Peut être que j'aurai dû faire blogueuse déco :)

12 commentaires:

  1. Je ne suis pas sure que ça aurait été plus facile ;) Mais tu m'as bien fait rire ! Bon, j'avoue, je ne vais plus trop côté maman / famille ...

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    1. Contente de t'avoir fait rigoler ^^ c'était le but hein! Bisous

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  2. Je ne suis plus trop portée sur la puériculture, les loulous sont grands, j'ai l'impression que ça fighte davantage quand on parle de thèmes qui portent sur de très jeunes enfants.

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    1. C'est à cause des hormones peut être. Les jeunes mamans c'est à fleur de peau :)

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  3. Je crois que le truc, c'est de bloguer en ne se focalisant pas sur ce que les autres peuvent penser ou dire de nos façons de faire.
    Plus facile à dire qu'à faire.
    Depuis que je me sens droite dans mes bottes, et que je ne cherche plus à être absolument comprise, je me rends compte que ce genre de réflexions après un billet ne me touchent plus.
    J'ai arrêté de me prendre la tête sur ce que les gens pensent ou disent de moi. Je fais les choses comme je le sens, du mieux que je peux/veux et c'est déjà pas mal, finalement ;)

    En tous cas, je suis ravie de t'avoir rencontré et tu reste une blogueuse que j'apprécie particulièrement ;)

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    1. C'est impossible de bloguer sans entendre ce qu'on dit de toi ou en ne lisant pas les commentaires sous ses billets. Alors oui on peut faire semblant que ça ne nous touche pas c'est vrai. On peut ne plus être touché avec le temps. Mais ça existe ah ah ah!
      Contente de te connaître aussi ;)

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  4. Oh oui c'est bon ça ! :-) Mais je n'ai pas perdu de temps tu sais je me suis rendue compte que les gens ne sont en effet pas au courant des conseils en matière de diététique pour les petits et c'est ça le risque. Mais bon je m'en vais balayer sous mon paillasson comme me l'a conseillé une de mes nouvelles "amies" LOL

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    1. On n'en finit plus de balayer sous nos paillassons :)
      Bon courage à toi Bisous

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  5. J'adore vos articles et votre blog. Il me fait vraiment rire. Merci et Bravo

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    1. Merci et derien :) Je vais essayer de vous faire encore plus rire à l'avenir! Bises

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