mardi 22 mars 2016

L'allaitement, ce moment fugace dont on parle tant

S'il y a bien un sujet sensible sur le net c'est celui de l'allaitement! C'est un truc de dingue! Avant il y avait surtout des histoires entre allaitantes et non allaitantes.  Parce que voilà l'histoire veut que l'allaitement soit toujours remis en cause par les médias, les docteurs, les gens etc... Alors pour expliquer ce choix (d'allaiter) on trouvait souvent des sortes d'affichettes ou de textes genre slogans pour rejoindre les marines : Join Us! Des notices vantant les bienfaits du lait à coup de propriétés médicales censées rendre vos enfants plus fort que Professeur Xavier et Barbie réunis. 
Mais voilà ça ne plaisait pas trop aux non allaitantes ces histoires là. Faut dire que c'est vite fait de penser: Bah dis donc. Mais heu. Et dans mon lait industriel acheté au Franprix du coin il y a quoi? Des vitamines périmées? Mon gamin va finir comme HULK? C'est ça que tu dis?
Voilà voilà. Des guerres ont commencé pour moins que ça.


Mais maintenant les choses ont changé. Heureusement. Maintenant plus besoin de recruter à tours de bras. Les jeunes mamans allaitent de nos jours en grande majorité. Enfin celles qui postent des photos sur facebook, twitter et instagram. C'est devenu ou redevenu (n'oublions pas que l'allaitement est la norme biologique des mammifères pour nourrir leurs petits grâce au lait produit par les mamelles, source wikipédia) la chose à faire pour montrer qu'on est une bonne mère en tous cas c'est un passage presque obligé. Les stars y vont de leurs slogans. On parle de sauver des enfants dans les pays en voie de développement. Bref la guerre est gagnée ou presque donc plus besoin de rabattre les oreilles ou les yeux de tous, le message est passé.

Oui je sais il reste encore ces soucis de voyeurisme. Des personnes choquées par la vue d'un sein ou d'un téton. Pour ceux là je dirais qu'ils s'exposent à un tel bad buzz sur le net qu'il ne reste que quelques ploucs pour oser tenter cette approche ridicule ou des américains, on sait bien que tous les trucs choquants se passent aux Etats Unis, vivier d'affaires sordides en tous genre mais aussi terre patrie de Professeur Xavier et de Hulk (faut il y voir un rapport?) .

Moi j'ai envie de vous parler de mes allaitements. Ils sont tous les trois terminés. Je peux donc vous en parler de manière globale et sans affect. La notion d'affect est très importante car je peux vous dire que j'ai beaucoup changé psychologiquement depuis la fin de mon dernier allaitement. Cela est surement dû au changement hormonal. C'est effectivement comme tomber d'un nuage. Heureusement le réveil n'était pas trop douloureux.

Mon fils Arthur je ne l'ai allaité que quelques semaines. On peut dire que j'ai tout fait de travers. Commencer l'allaitement puis introduire des biberons alors que l'allaitement n'était pas mis en place en suivant les conseils de ma mère qui est tout sauf favorable à l'allaitement. Forcement ça a foiré dans la douleur et je n'en veut plus du tout à ma mère elle pensait bien faire. 
Quand ma fille Rose est née j'ai voulu prendre une revanche sur ce premier échec. D'abord réussir mon accouchement car le premier avait aussi été un échec. Puis je me suis jetée dans l'allaitement comme si il allait à lui seul me transformer en super maman. Je voulais réussir cela.
Je me suis éclatée. L'allaitement avec Rose s'est super bien passé. Je me suis réconciliée avec la maternité. Vous voyez ou je veux en venir? L'allaitement, l'accouchement tout cela participait à une sorte de rite initiatique que je me devais de réussir pour me sentir pleinement mère. Je dois avouer que rien d'autre ne m'importait. J'étais persuadée que c'était la chose à faire. 
J'ai résisté quand le  pédiatre de Rose m'a demandé de stopper l'allaitement car elle était selon lui trop maigre et petite. Pour moi c'était inenvisageable. Je ne pouvais imaginer m'arrêter et sevrer ma fille. J'ai changé de docteur et j'ai continué. Ma fille n'a été sevrée naturellement que de manière naturelle à sa demande vers deux ans. J'étais enceinte de ma seconde fille, Iris. Un jour elle n'a plus voulu de mon sein et a réclamé d'elle même un biberon. Le goût avait du changer ou le débit n'était plus suffisant je ne saurais jamais. Un simple constat tout de même: le passage au biberon n'a rien changé de sa constitution. En gros elle n'était ni Xavier ni Superman avant et après elle ne s'est pas transformée en Hulk. Aucun changement dans son comportement ou au niveau des maladies ou de notre lien mère fille. Tout est resté pareil. Troublant. 
Puis Iris est arrivée. Allaitée bien entendu. J"étais rodée. Troisième bébé. Accouchement en trois heures sans péridurale. Allaitement au top en deux jours. Gros bébé en bonne santé. Visite de la PMI à la maison aucun souci, curieux on ne parle pas de mon allaitement. Je tente même une sortie de nichon devant l'infirmière qui oh étrange me félicite sur la succion de bébé. Rebelote plusieurs mois plus tard chez le pédiatre qui se contente de constater que Iris est bien en chair ... 
Je réalise tout d'un coup que l'allaitement n'est remis en question que s'il peut servir de bouc émissaire. Ce bébé n'étant ni maigre, ni malade il n'y a rien à dire. C'est dingue! 

Mais en même temps pas tant que ça. Remarquez que la plus part du temps celles qui défendent le plus leur allaitement sont celles chez qui il est controversé par un soucis quelconque. Moi avec Rose c'était son poids. Petit bébé mais en bonne santé. Depuis qu'elle n'est plus allaitée personne ne me parle plus de son poids. c'est même normal (on les bafferait). Pour d'autres il s'agit de bébés prématurés, d'enfants avec des allergies, des retards d'apprentissage... Celles pour qui tout va bien et pour qui tout se passe bien: on les entend très peu sauf pour mettre en valeur leur statut via belles photos sur les RS. Personnellement j'adore ces photos. J'aurais adoré en avoir quelques unes aussi glamour. Mais bon je crois que je n'ai jamais été super glamour en allaitant. C'est que j'aurai pas eu le temps d'enfiler une belle robe à deux heures du mat pour faire un selfie avec bébé. Ouais ouais je sais je suis une feignasse! J'assume! 
Bref pour Iris ça s'est passé tellement bien que j'ai pas vu passer le temps. Je me suis retrouvé un matin avec un bébé de 10 mois qui ne voulait plus de mon sein. Entre hurlements, vols des biberons de sa sœur et morsure de ma personne j'ai cédé. Elle n'a plus jamais voulu entendre parler de mes seins et je crois bien que la rupture était digérée sauf dans ma tête car les montées de lait on cessées en deux jours. iris bien entendu se porte comme un charme et tout va bien de mon côté. Oui personne ne s'est changé et Hulk.

Maintenant que je suis revenue de ces trois allaitements j'ai une vision détachée de tout ça. Je comprends les enjeux pour certaines et la passion qui peut en découler (Xavier, Hulk tout ça). Mais ce que je peux vous assurer c'est qu'une fois que ce sera terminé et pour de bon vous aurez une vision amusée de tout. Cela vous paraîtra dérisoire tout cet engouement, ces flambements. Vous vous rendrez compte que vos enfants s'en fichent. Qu'ils ne pensent qu'à ce qui sera au menu du goûter. Que vous ce qui vous importe c'est leur santé, leur développement personnel. Qu'ils aient des amis. Qu'on les embête pas à l'école. Mes enfants vont bien. Ils sont en bonne santé et personne ne me demande s'ils ont été allaités ou pas. Par contre on me demande s'ils vont partir en vacances et quelles activités extrascolaires ils vont pratiquer.

L'allaitement ça a une fin, mais quand on est maman c'est pour toujours.  
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