lundi 16 novembre 2015

Tant qu'il restera des rires aux enfants

Ce matin je me suis levée en vitesse pour ne pas emmener mes enfants en retard à l'école. J'ai couru je me suis pressée. J'ai mis une jolie robe à Rose, une neuve avec de belles couleur. Pour Arthur un beau sweat avec un super héros parce qu'il lui faudrait quand même un peu de protection loin de moi aujourd'hui. Oui je sais que c'est idiot et que vendredi soir Spiderman n'était pas là mais mon fils croit en lui un peu plus qu'au Père Noël alors ... tout est bon a prendre.

Devant l'école j'ai été soulagée de ne voir aucun policier. Le directeur, la concierge qui filtraient s'assurant que ne rentraient que les parents. Les enseignants en noir. Les visages plus ou moins fermés. Je suis vite revenue à la maison.

Ce matin on change les volets de la maison. J'ai des ouvriers partout. On me change mes volets. C'est con tant de gens sont morts et pourtant la vie elle continue. Un peu bancale mais nous sommes là.

J'ai donné un bain a Iris, j'ai joué et pris quelques photos. Les habitudes, les gestes du quotidien. Allumer la télé pour écouter les informations puis éteindre parce qu'on n'en peut plus. Pleurer un peu puis se ressaisir. Appeler ma mère juste pour entendre sa voix mais ne pas lui avouer qu'au fond on meurt de trouille.

Je crois que c'est bien ça le problème cette peur qu'on a au fond et qu'on essaye de ne pas laisser s'étendre. Parce qu'on ne veut pas qu'ils gagnent. On veut être fort et continuer à vivre mais au fond on a tous peur de mourir ou pire que nos enfants meurent. 


Aujourd'hui comme hier je ne sais pas de quoi sera fait demain. Je sais juste qu'il serait fait de plus de peur qu'il y a 5 jours. Je sais que je vais continuer à vivre dans cette ville que j'aime. Je l'ai voulu tellement fort et depuis si longtemps que je refuse d'en repartir. Je vais continuer à vivre. Je vais sortir. Je vais m'amuser et profiter de cette liberté que m'offre mon pays. Je vais continuer à écrire sur ce blog parce que j'en ai le droit et même le devoir. Parce que je peux le faire, parce qu'encore une fois cette liberté personne ne doit me l'enlever et surtout pas ces fanatiques religieux. Je dois le faire parce que sinon ces personnes seront mortes pour de bon. On doit respecter leur mémoire et notre pays. Continuer d'exister c'est là notre victoire. Pourtant je ne sais pas de quoi sera fait demain. Je ne sais pas quand ils frapperont de nouveau. Parce que oui c'est ça qui a changé. Maintenant nous savons qu'ils viendront et frapperont de nouveau. 

Nous savons maintenant que nous risquons de mourir pour notre liberté. Tout est différent. Et maintenant je sens bien ce que ça fait de vivre dans un pays en guerre. Non les bombes ne me tombent pas sur la tête mais les balles peuvent venir de n'importe ou. Tout à changé. Pourtant mes enfants sourient. Pourtant le soleil brille. Pourtant tout à changé.

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2 commentaires:

  1. Nous avons tous peur même en province.
    Un de nos collègue à perdu sa fille Marie elle avait 23 ans était fille unique, quoi faire devant tant de douleur.
    Protégez vos enfants.
    Odile

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  2. Malheureusement plus les enfants grandissent moins ils arrivent à garder le sourire face à de tels évènements, dans ces moments là on voudrait pouvoir redevenir des petits pour retrouver un peu d'insouciance... De grosses bises à vous 5 !

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Une bouteille à la mare?