dimanche 18 octobre 2015

Pourquoi je me débrouille mieux quand il n'est pas là #pavedanslamare

C'est un fait. Il est 22 heures. Les enfants ont mangé. Ils sont au lit sans un cri. Ils dorment tous les trois. La maison est rangée. Rien ne traîne. La vaisselle est faite. Les poubelles sont jetées. Je suis assise seule dans le noir devant un film et je ne me sens même pas fatiguée. Oui mon mari me manque. La glace qu'il m'apporte avec un sourire. Ses blagues nulles. Sa présence tout simplement me manque. Pourtant je me débrouille bien mieux quand il n'est pas là.


Quand mon mari rentre le soir j'ai tendance à me relâcher d'un coup. Je laisse les enfants lui faire la fête. J'autorise le pti gâteau de trop. La cavalcade dans les couloirs parce qu'il faut bien jouer avec papa aussi. Je lui demande de garder la petite ou de doucher les grands. Au final rien ne suit son cours normal. Tout est brouillon désorganisé. Oui on rigole, on s'amuse. Mais au final je termine la journée sur les rotules parce que les cris des enfants m'ont tuée. Parce que mon chéri veut endormir le bébé en écoutant Brassens ou Piaf. Parce qu'il a douché les ptis mais oublié de leur brosser les dents alors je dois le faire et laisser ma vaisselle en plan. Je finis épuisée avec ma glace sur le canapé avec les nerfs en vrac. Une impression d'inachevé sur les bras et surtout surtout cette fatigue et ce bruit.

Mon mari je l'aime mais je déteste le bruit et lui en fait tellement. Il parle beaucoup. Il siffle, il chante c'est un rossignol cet homme là. Il est incapable d'écouter un film doucement. Sois disant il n'entend rien. Je lui ai acheté des casques mais monsieur ne les a jamais branchés...

Ce soir mon mari me manque mais je réalise que je m'en sors bien mieux quand je n'attends pas qu'il rentre pour me détendre. Je réalise que je dois me débrouiller comme ça tout le temps et même si il est présent. Ce soir je me dis que je ne suis pas une warrior. Que tout est finalement très facile. Qu'il suffit de faire ce que je dois faire pour y arriver. 

Ce soir je lui en veux d'être parti. Encore une fois cette frustration d'être celle qui reste. Celle qui ne peut jamais partir sans les enfants. Celle qui doit toujours rentrer. Parce qu'ils ont besoin de moi. Parce que j'ai un bébé qui est allaité. Parce qu'ils seront tristes sans moi. Parce que tout risque de s'écrouler sans moi. Parce que quand je sors même juste 5 heures ne me quitte pas cette culpabilité et cette sensation de les avoir abandonnés.
Alors que lui s'en va tranquille, le cœur léger. Il déconnecte. Il s'évade. Il se ressource.
Je suis jalouse de sa liberté. Je ne déteste pas mes enfants ni ma vie. Mais je voudrais me débarrasser de cette chaîne invisible qui me lie à eux. 
Pouvoir enfin me sentir bien sans eux. Réussir à partir sans être triste.
Puis surtout avoir confiance en ses capacités à les garder tous les trois sans moi.
Je ne sais pas si cela sera un jour possible. 

En attendant.
Je ne dois plus attendre qu'il m'aide à faire ceci ou cela. Je suis capable de me débrouiller. Si il m'aide tant mieux. Mais je crois que je me porterai bien mieux si je cesse d'espérer dans ce sens. Je vais donc me lever et aller me cher une glace dans le congélateur, ça aussi je peux le faire, toute seule.
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9 commentaires:

  1. Pareil...quand je suis seule avec les enfants, c'est ambiance militaire, tout est orchestré jusqu'au moindre détail...resultat on s'amuse moins mais à 9h tout est bouclé et la maison est clean...parfois j'envie les femmes dont les maris rentrent tard...

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  2. Waouuu, ça m'a pris au coeur cette déclaration, c'est ça, c'est exactement ça ....je fais tout mieux toute seule, c'est réglé, c'est fait comme ça d'où être fait et s'il y a un truc dans la roue, tout détaillé .....et je lui en veux de sa liberté, je lui en veux d'être femme et de ne pas avoir sa légèreté, cette façon qu'il a de partir sans se poser de question, pendant que moi je m'inquiète, je suis disponible, pendant que moi on m'appelle quand il y en a une qui est malade , lui fait sa vie, il travaille comme il doit travailler et comblé ses journées comme il en a envie .....

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  3. Sentiments contradictoires mais je les ressens aussi parfois... C'est bon de pouvoir l'exprimer :/)
    Bizzzz Lolo

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  4. Je me suis entierement reconnue, bravo pour la sincérité !
    marjorie

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  5. Comme Petit diable, quand M.Mari, n'est pas là ça roule limite ambiance militaire. Quand il est là il veut en profiter, du coup les enfants sont excités, il y a du bruit, personne ne range rien et c'est moi qui doit tout faire. Ça me gonfle, je me sens coupable de ressentir ça et je culpabilise. Je suis aussi surement jalouse du fait qu'il ne se pose pas la question quand il n'est pas là si ça va me déranger, si je suis dispo pour les enfants. Quand je dois m'absenté, je gère la garde des enfants, les consignes pour chacun et quand je rentre, je range et je nettoie...
    Merci en lisant ton post et les commentaires, je me sens moins seule.

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  6. Quand nous nous sommes séparés avec le papa de Poupon, je pensais que ça allait être très dur de tout gérer seule. Oui ça l'est parce que certains soirs j'aimerais me reposer sur une autre personne que moi même. Mais je dois dire que c'est bcp plus facile pour tout ce que tu as évoqué dans ton article. Maintenant juste un conseil que tout le monde doit déjà te donner: SORS !!!! Non tes enfants ne seront pas malheureux sans toi. Au contraire, il découvriront d'être seuls avec leur papa et c'est super! :-)

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  7. J'ai remarqué que je me débrouillais mieux sans lui aussi lol
    En fait c'est le matin, quand il faut préparer les enfants pour aller à l'école. J'arrive à être à l'heure et parfois en avance quand je suis seule mais quand il est là, on est souvent en retard sur notre heure de départ. Je comprends pas, il est censé m'aider, il pourrait au moins préparer Ayden pendant que je m'occupe des deux autres mais j'ai l'impression qu'il ralenti les chose, qu'il ne comprend pas pourquoi il faut s'activer et autre... Ah lala...

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  8. Voilà un beau texte, rempli d’émotions ! Il est vrai que les femmes se débrouillent bien mieux que les hommes avec les enfants et, en tant que papa, je vous dis bravo !

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Une bouteille à la mare?