samedi 19 septembre 2015

Je n'ai rien fait pour aider les migrants

Ce soir à la télévision les mêmes images défilent. Comme tous les soirs depuis des semaines, des visages se succèdent. D'un côté les migrants. Des hommes, des femmes, des enfants. Vivants ou morts. Ils arrivent par les routes, par la mer, vivants ou morts. 
On les voit sortir des trains, des bateaux, des voitures. Marcher sur des chemins inconnus. Ils arrivent d'on ne sait trop ou. Ah si on sait d'où ils viennent. On sait. Enfin on nous le dit. On nous montre vite fait. Mais on ne sait pas. On ne sait pas vraiment. Pour savoir d'où il viennent il faudrait qu'on sache ce que c'est de revenir de l'enfer. Il faudrait qu'on sache ce que c'est que la guerre, la mort, la misère. Il faudrait qu'on sache ce que c'est d'avoir peur, vraiment peur. Peur de mourir. Peur de voir mourir ses enfants. Sa femme. Son mari. Il faudrait voir sa maison se faire exploser sous les bombes. Il faudrait avoir vu la mort en vrai au moins une fois dans sa vie. Alors oui on sait mais en vrai on ne sait rien.


Moi je suis née dans un pays en paix. J'ai toujours eu un toit sur la tête et un lit ou dormir le soir. Je n'ai même jamais campé de ma vie. Pour moi le bruit des avions de guerre signifie 14 Juillet. Je n'ai jamais vu une bombe tomber. Je ne sais pas quel son ça fait. Pour moi la guerre ça a toujours été loin de chez moi. Je sais ce que c'est mais en fait je ne sais pas. 

Alors comme tout le monde je regarde et je me questionne. Comment les aider? Pourquoi ne les aide on pas? Et puis il y a les habituelles guerres d'opinions. Pourquoi devrait on les accueillir? Pourquoi ne pas se soucier de nos propres nécessiteux en priorité... J'ai regardé tout cela comme j'ai regardé des enfants, des hommes, des femmes mourir. J'ai regardé comme mes parents avant moi regardaient les petits somaliens mourir de faim et de soif. Je me suis juste abstenue de dire a mes enfants comme ils me disaient: Tu vois toi tu ne veux pas finir ton assiette, tu n'as pas honte? Alors que des petits enfants meurent de faim en Afrique...

Je me suis contenté de regarder. J'ai regardé et comme mes parents avant moi je me suis demandé ce qu'on pourrait faire pour les aider tout en râlant contre le gaspillage. Puis j'ai débarrassé la table. J'ai brossé les dents. J'ai couché les enfants. Puis j'ai éteint la télé. Puis j'ai vu des copines sur facebook discuter de pain et de canards et de gaspillage et de c'est scandaleux donner du pain aux canards alors que les migrants meurent de faim. Alors j'ai lu et j'ai pensé: mais au fond à part regarder, râler et encore regarder finalement comme tout le monde, je n'ai rien fait pour les migrants.

J'ai beau être triste, j'ai beau penser à eux et même écrire ce billet; j'irai me coucher dans mon lit bien douillet, demain je prendrai mon petit déjeuner avec mes enfants, j'irai à la messe. J'aurai une pensée pour ces familles. Je passerai un dimanche tranquille. Rien n'aura changé dans ma vie. Rien n'aura changé pour eux.

4 commentaires:

  1. Je me suis faite les mêmes réflexions mais je n'ai pas plus de réponses...

    RépondreSupprimer
  2. Je crois que tu résumes très bien ce que je pense aussi...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. nous sommes nombreux dans ce cas je pense

      Supprimer

Une bouteille à la mare?

Les Thés et Jardins d'exception de la Compagnie Française de l'orient et de la chine

La difficulté quand on aime le thé et surtout le bon thé c'est d'en trouver à bon prix... Il faut quand même dire la vérité, cert...