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J’avais oublié que j’étais une femme noire en France

Edit du 20 décembre 2014:
Suite à une prise de contact par mail du gérant de ce salon de coiffure je souhaite lui rappeler qu’il a toujours son droit de réponse. Que je ne déconseille pas son salon de coiffure et me contente de relater des faits qui me sont arrivés.
Une situation peut changer et si le gérant m’assure que des mesures ont été prises afin de garantir l’accès de son établissement aux personnes de toutes origines je me ferais un plaisir d’en informer mes lecteurs.
Cordialement.Second édit du 20 décembre 2014
Le gérant m’assure après vérification de son fichier client que les personnes de toutes origines sont reçues et coiffées dans son salon de coiffure.
J’attends toujours de savoir ce qui s’est passé lors de ma venue
ainsi que son assurance que cela ne se reproduira pas.Troisième édit du 20 Décembre 2014:
Suite à ma mésaventure le gérant de ce salon de coiffure a effectué une mise au point avec ses employés et m’assure expressément de ses excuses mais surtout que cela ne se reproduira plus jamais dans son établissement.
Je peux donc vous assurer du service excellent pratiqué à ce jour au salon de coiffure Serge Benson, 216 rue Pierre Brossolette à Noisy le Grand centre ville pour tous les clients quelle que soit leur origine ethnique.
Je modifie donc mon billet en conséquence afin de ne pas nuire à l’établissement sus cité.
_________Hier après avoir passé un super moment entre la mains de pros du maquillage, je me suis sentie revivre. C’était top de me regarder dans le miroir et de me trouver jolie surtout à ce stade de ma grossesse et avec les nuits blanches, la fatigue.

J’ai voulu poursuivre leur oeuvre avant de rentrer chez moi. Je me suis dit qu’il était temps d’aller chez le coiffeur. Pas pour un changement de tête mais juste pour me sentir bien de ce côté là aussi. Un simple shampoing, les pointes coupées et un brushing devraient suffire.
Ceux qui me connaissent bien savent qu’en coiffure je suis une quiche. Je ne sais pas me coiffer, pire je ne me sèche jamais les cheveux. Je me contente de les laver régulièrement, de les hydrater et soit je les lâche soit je les attaches mais je suis incapable de plus. Je ne saurai pas me faire un brushing ou les lisser ou les boucler (toutes façons j’ai même pas de sèche cheveux).
Je suis donc rentrée dans le salon du coin de ma rue qui me paraissait plutôt sympa. J’espérais passer un bon moment, poursuivre une belle journée.
Une fois à l’intérieur une jeune femme s’est précipitée vers moi. Un joli salon de coiffure avec des clients qui semblaient contents. De belles couleurs aucune odeur douteuse. Je lui ai sourit mais avant même d’avoir pu retirer la capuche de mon manteau et ouvrir la bouche.
-On ne connait pas ces cheveux là ici!
J’ai pas compris. Je suis restée bête avec ma poussette. J’ai refusé de percuter. Elle a donc continué sous les regards des autres clients et des autres coiffeurs sans se démonter.
-On connait pas ces cheveux là. On peut rien faire pour vous ici!
J’ai été projeté à des années lumières. Je me suis sentie mal. Pourtant je me suis accrochée voyez vous. Surement l’effet de ma super matinée. J’étais en mode Candy dans sa prairie qui chante avec les animaux. J’ai retiré ma capuche pour lui montrer ma tête quand même et puis j’ai demandé si c’était quand même possible pour un simple shampoing et un brushing, j’allais ajouter que mes cheveux n’étaient pas particulièrement rebelles mais elle a terminé ma phrase pour moi en ricanant:
-Vos cheveux ne sont pas crépus? ah ah ah! Et puis on est débordés on a déjà du monde.
Dans la salle les clients, tous blancs me regardaient dans les miroirs. C’était tellement grotesque. Tellement humiliant.
A ce stade personne ne m’avait dit bonjour ou même proposé d’entrer ou demandé a voir mes cheveux. J’étais noire ça suffisait non pour décider qu’on ne pouvait pas me coiffer.
Vexée dans mon amour propre par cette dernière pique j’ai essayé de sauver l’honneur en disant que je reviendrais en prenant rendez vous.
Je suis sortie sous la pluie en oubliant de remettre ma capuche. J’ai acheté des timbres à la poste et puis je suis rentrée chez moi. Je n’ai pas pleuré. J’en ai parlé a un amie au téléphone en lui disant que je ne comprenais pas puisque même des personnes blanches peuvent avoir des cheveux très bouclés et que je ne vois pas qu’elle compétence particulière il faut avoir pour faire un shampoing à une personne noire.
Elle m’a dit que tout naturellement c’était tout simplement qu’ils ne voulaient pas de clients noirs mais qu’ils ne pouvaient pas le mettre sur la porte. C’est interdit par la loi non?
Billet modifié  le 20 décembre 2014.
Suite à ma mésaventure le gérant de ce salon de coiffure a effectué une mise au point avec ses employés et m’assure expressément de ses excuses mais surtout que cela ne se reproduira plus jamais dans son établissement.
Je peux donc vous assurer du service excellent pratiqué à ce jour au salon de coiffure Serge Benson, 216 rue Pierre Brossolette à Noisy le Grand centre ville pour tous les clients quelle que soit leur origine ethnique.
Je modifie donc mon billet en conséquence afin de ne pas nuire à l’établissement sus cité.

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