lundi 17 novembre 2014

Les Discounter ces magasins qui sauvent des vies.

Je crois que sans LIDL je serai morte de faim. C'est vrai! Avant d'être maman, avant d'être une madame qui travaille qui gagne bien sa vie j'ai eu un passé, j'ai eu une vie. Si cette vie n'est pas toute noire elle n'est pas non plus toute rose et semée de paillettes multicolores. Il y a eu de moments de solitude, de désespoir. Des moments ou je n'ai pu compter que sur moi même, mon courage et mon envie d'y arriver pour tenir le coup.

Quand je suis arrivée sur Paris pour poursuivre mes études j'ai du faire face pour la première fois à la précarité de la vie étudiante. Terminé les repas de maman et les factures qui se paient sans qu'on ai besoin de s'en soucier. Pire ma famille, mes parents étaient loin et je ne pouvais même pas aller piller leur frigo le weekend.

Le calcul était vite fait après avoir payé mon loyer, les factures, les transports en commun et ma facture de téléphone portable il me restait 40e pour manger tous les mois. Forcément j'ai vite découvert qu'il existait des magasins appelés DISCOUNT et que chez eux mes 40e faisaient des merveilles...
Le plus proche de chez moi était un LIDL. Dès que mes placards étaient vides je filais chez LIDL pour faire mes courses armée de mon cabas a roulettes. On y trouvait de tout. Des produits de marques moins cher que dans les grands Hypers et des marques discount à prix cassés. 
Malgré tout je mangeais encore beaucoup de pâtes et de lardons mais au moins j'avais de quoi manger.

Le temps a passé. J'ai décroché mon diplôme. Je me suis mariée. J'ai déménagé et trouvé du travail. Je n'avais pas remis les pieds dans un LIDL depuis 7 ans. Et j'avoue que j'avais relégué mes années de galères loin loin dans ma tête. Et puis j'ai participé à une opération de blog organise par LIDL. Et puis j'ai été amenée a tester leurs couches Toujours et je me suis vue remettre un bon d'achat afin d'aller faire quelques courses dans un LIDL.

J'étais un peu embêtée sur le coup. Je ne savais même pas si j'avais un LIDL du côté de chez moi. Et vous savez quoi? J'ai été surprise de découvrir qu'il me suffisait de prendre un bus pour tomber sur un LIDL. Il y en avait un et en plus il était proche. J'ai quand même fait traîner les choses j'ai attendu le dernier jour pour aller utiliser mon bon. J'avais un peu peur de retourner chez LIDL non pas par honte ni quoi que ce soit mais juste que j'avais peur de ressentir de nouveau toutes ces douleurs passées. Que les privations et la solitude me reviennent en pleine face. 

Quand je suis arrivée au LIDL j'ai de suite ressenti ce mal être ça n'a pas loupé. Les odeurs de carton et ce je ne sais quoi de poussière familière m'a soulevé le cœur. J'étais en train de faire un bad trip alors j'ai pris le temps de respirer et d'évacuer mes souvenirs. J'ai regardé attentivement autour de moi et j'ai réalisé qu'en 7 ans LIDL ça avait terriblement changé. Autour de moi la clientèle était hétéroclite. Avant on voyait toujours le même type de personnes au regard fuyant, las fatigué. Non non ce soir là dans le magasin il y avait des familles. Des gens qui riaient en choisissant des bonbons. Il y avait un rayon de chocolats  et de bonbons ou hurlaient les enfants. Et puis tout était bien rangé comme dans un hyper normal alors qu'avant c'était la profusion de cartons en vrac ou il fallait se baisser pour prendre ses pâtes. 


 J'ai vraiment trouvé le rayon des enfants bien fourni. Des vêtements, des jouets en bois, des livres des produits d'hygiène pour les bébés et les fameuses couches Toujours qui se vendaient comme des petits pains.
J'en ai profité pour jouer à la journaliste d'investigation et questionner des parents qui achetaient ces couches. Je leur ai demandé si ils les appréciaient vraiment ou s'ils les achetaient parce qu'elles n'étaient pas chères.

J'ai eu beaucoup de réponses du type: c'est parce qu'elles ne sont pas chères. Mais j'ai été surprise par 3 familles qui me disaient ne venir à LIDL que pour ces couches. Ces familles là faisaient leur courses ailleurs et ne venaient a LIDL que pour les couches Toujours. Dans leur panier j'ai remarqué des jouets et des vêtements. Ils m'ont dit que c'était vraiment une bonne affaire ces vêtements et ces jouets. Les couches étaient aussi bien que celles des grandes marques si ce n'est plus. Une maman m'a même dit qu'elles fuyaient moins. Une autre a renchérit que LIDL faisait de bons produits pour les enfants et que les gens avaient tord de s'en priver.

Malgré tout en passant en caisse j'ai eu en face de moi le regard que je ne voulais pas voir celui d'une petite fille d'à peine 10ans qui avait fait les courses pour sa famille. Elle avait a elle seule un gros cabas et un sac. Dedans j'ai vu des couches, du lait, de la farine. Que des choses vitales, nécessaires...
Tout devait être compté car il ne lui manquait que 32 cents pour payer ses courses. Mais elle ne les avait pas. Et je voyais qu'il n'y avait rien dans ce sac et ce cabas qu'elle puisse retirer en se disant que c'est pas grave on peut s'en passer. Je lui ai donc tendu une pièce de deux euros en disant au caissier de la laisser partir. Elle a voulu me rendre la monnaie et j'ai eu le coeur serré à la regarder si petite avec ses deux sacs, toute seule dans la nuit. Je lui ai dit: Garde la. Achète toi des bonbons.

Chez moi j'ai retrouvé mes enfants en pyjama. Ils ne savent rien de la misère du monde. Ils ne savent pas ce que c'est que d'avoir faim, vraiment faim et d'être seul. Ils vivent dans un monde protégé et préservé. 

4 commentaires:

  1. Je suis comme toi Rhyna, Lidl m'a littéralement sauvé la vie lorsque j'étais étudiante et que le restaurant universitaire était trop loin de mon appart. L'anecdote que tu racontes est navrante... et je sais qu'en même temps je ne peux pas m'empêcher de couvrir mes enfants de cadeaux.

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  2. Très bel article... Nous on ne fait pas partie des gens "dans le besoin", je nous considère même comme très chanceux, mais on fait le plus gros de nos courses chez Lidl ou Leader price, sinon on aurait des fins de mois très justes... Nos filles sont bien gâtées aussi, elles mangent à leur faim, mais elles savent qu'on réfléchit à nos dépenses: elles ont de jolies fringues (mais achetées sur ebay ou en vide-greniers) et plein (trop) de jouets mais souvent d'occasion. On s'en sort bien, on se fait plaisir, mais grâce à des astuces dont les discounters font partie !

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  3. Oui, les magasins discount sont devenus la norme pour bon nombre de famille relativement aisées. Parce que c'est vrai qu'ils ont su s'adapter... Et que nous sommes nombreux à vouloir économiser sur des postes sur lesquels la question ne se posait pas avant : l'alimentation entre autre (et en parallèle, c'st le règne du bio, c'est une drôle d'évolution). Moi, je fais partie des gens qui ne vont chez Lidl que pour les couches, parce que c'est vrai qu'elles sont efficaces et pas chères.

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  4. Très bel article et très bel exemple. A l'approche de Noël, pensons à ces enfants qui n'ont rien ou si peu et agissons. Via la mairie, les associations, les paroisses... Qu'importe le vecteur mais offrons un peu de douceur à ces petits.

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