vendredi 21 novembre 2014

L'angoisse des échographies

Pour mes deux premiers enfants je ne me souviens pas avoir été aussi anxieuse lors des échographies. Je me souviens de mon optimisme. J'étais surtout très joyeuse de voir mon bébé de l'entendre. Je scrutais plutôt les profils afin de déceler une ressemblance, un trait qui me rappellerait moi, mon mari ou un membre de la famille.

Je me souviens parfaitement du choc que j'ai eu lors de l'échographie morphologique de mon aîné. J'ai d'un coup découvert sur écran géant sont visage en trois dimensions. J'ai écarquillé les yeux et mon cœur a manqué un battement. Sur l'écran je voyais le visage de mon père. Les mêmes yeux, le nez, la bouche jusqu'à cette expression qu'il prend quand il est agacé. Tout y était.

Pour ma fille j'ai de suite reconnu mon front et ma bouche! Elle avait dès la seconde échographie le même profil que moi. Vraiment pour mes deux enfants je n'ai jamais été angoissée et j'avais même refusé les tests de trisomie. J'étais prête a accepter tout et même le pire. J'étais dans l'attente d'un enfant quel qu'il soit. je m'en fichait des malformations et autres anomalies.


Aujourd'hui je ne me reconnais plus. A chaque échographie j'ai cette angoisse, cette boule dans le ventre et même des palpitations. Je scrute l'écran sans sourire ni parler. j'observe les docteurs dans la peur de voir un rictus apparaître sur leurs visages. J'ai peur d'entendre qu'il y a un problème. J'ai fais le test pour la trisomie et j'ai appelé le docteur pour qu'il me confirme qu'il n'y avait rien a signaler. J'ai peur d'avoir un enfant différent. Mais pourquoi maintenant? Pourquoi cette peur alors que c'est le troisième?

Au début je pensais que j'avais peur du travail que cela représenterait d'assumer au quotidien un enfant différent. C'était logique j'avais déjà deux enfants avec une charge de boulot conséquente... Qui n'aurait pas eu peur du challenge à relever. Puis après j'ai pensé que c'était par pure narcissisme. J'avais deux beaux enfants et j'en étais fière. Un enfant imparfait ce serait comme gâcher cette famille parfaite. Mais ce n'était même pas un péché d'orgueil et ça je l'ai réalisé aujourd'hui quand allongé sur la table pendant mon échographie j'ai regardé mes deux enfants qui jouaient juste à côté.

J'ai tout simplement réalisé que j'avais peur pour eux. J'ai réalisé qu'au fond de moi depuis quelque temps j'ai de plus en plus conscience de ma finitude. Je réalise que je ne suis pas éternelle. Qu'un jour viendra ou je ne serai plus là avec eux. Je réalise que je vais mourir et laisser mes enfants derrière moi. Qu'il vont vivre sans moi. Je veux tout simplement qu'ils aient la meilleure vie possible et que c'est mon devoir de maman de tout faire pour préparer leur avenir. Je ne veux tout simplement pas leur imposer un fardeau. J'ai compris que si j'avais tellement peur d'avoir un enfant malade ce n'est pas à cause de moi mais bien parce que je ne voudrais pas que mes aînés aient a endosser mes responsabilités le jour ou je n'en serais plus capable.

Décider d'avoir un enfant différent ce n'est pas seulement un choix personnel c'est aussi prendre le parti d'impacter sa vie mais aussi celle de sa famille. J'ai aussi réalisé que la maternité m'avait changée. Que ce que je pensais impossible à accepter il y a deux ans me parait possible aujourd'hui.
Je sais que je n'aurai pas hésité à faire pratiquer une interruption médicale de grossesse si mon enfant à naître avait été porteur d'une trisomie. J'aurai été incapable d'imposer cela à mes enfants.

Heureusement tout va bien jusqu'à maintenant mais je serais incapable de vous dire a qui ressemble mon bébé. Pour l'instant je n'ai fait que m'assurer qu'il a bien deux mains, deux jambes, un cerveau bien formé et un cœur en bonne santé.

6 commentaires:

  1. Et ce sera sans doute un magnifique bébé à nouveau, aussi beau que les deux premiers!

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  2. C'est un sujet qui nous oppose ConjointChéri et moi.

    Si j'apprenais que mon bébé devait être atteint de trismoie 21, je ne souhaiterais pas le faire partir, ConjointChéri lui ne se sent pas d'assumer un enfant malade et toutes les contraintes que cela engendrerait.

    J'avais même le projet d'adopter un enfant trisomique mais devant le refus catégorique de ConjointChéri, je suis bien obligée de renoncer à ce projet puisque nous sommes une famille et que je ne peux pas décider pour tous.

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    1. J'étais moins tendue avant. J'ai changé. Aujourd'hui je ne pourrai plus accepter cette différence. :/

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  3. A mon premier j'étais hyper sereine aux deux premières échos (moins aux autres mais j'étais hospitalisée pour MAP, la moindre suspection et ils m'auraient descendu au bloc...). Mais aux suivants, j'étais super inquiète aussi :-(

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