lundi 13 janvier 2014

Dis moi ce que tu penses, je te dirai...

J'ai des valeurs d'une autre époque.
Je m'en rends bien compte quand je discute avec des femmes de mon âge. Dès qu'il s'agit d'aborder des sujets plus sérieux je me rends compte du décalage.
Alors que toutes arrivent à parler ouvertement sexualité, avortement, divorce... souvent je préfère me taire. Je m'abstiens. Je fuis la conversation.
C'est que si j'ouvre la bouche cela devient vite gênant. On me taxe très vite de bigote et d’arriérée. On m'accuse de manquer d'ouverture d'esprit. On me demande si je vis au siècle dernier.

Aujourd'hui c'est devenu problématique d'exposer ses idées quand elles ne suivent pas l'avis du plus grand nombre.

Aujourd'hui dire que l'on est contre l'avortement pose problème. Je suis contre l'avortement. Je ne remet pas en cause les femmes qui y ont recours. Je ne les juge pas. J'ai même accompagné des amies lors d'avortements alors qu'elles étaient abandonnées de leurs compagnons. Je ne refuserai jamais d'épauler une amie ou connaissance dans cette épreuve... Pourtant je suis viscéralement contre. Je ne pourrai moi me résoudre a une telle extrémité. Je pense que toute vie débutée mérite de voir le jour et qu'aucun d'autre nous même à l'état de cellule ne devrait porter le fardeau d'un autre même de celle qui va lui donner la vie.


Dans notre société moderne tout va vite. L'information, les déplacement, les connexions... Nous vivons dans un monde ou tout est a porté de clic. La connaissance semble universelle et a moins de vivre sous une dictature ou au fin fond d'une grotte il est impossible d'ignorer ce qui se passe à l'autre bout de la planète. Des guerres éclatent. Des gens meurent. Des révoltes éclatent...
On nous dit aujourd'hui que cet homme va régler tous les problèmes. Demain on expose sa liaison avec une actrice.
On nous dit qu'être contre un droit c'est approuver le recul du droit des femmes. Et on doit toutes s'insurger.

J'ai souvent l'impression d'être manipulée par l'opinion publique.
Ce n'est pas parce qu'elle se fait attaquer par des militants racistes qu'il faut ériger une ministre en martyre et dire amen à toutes ses actions.
Ce n'est pas parce qu'on s'attaque au droit à l'avortement qu'il faut banaliser cet acte.
Ce n'est pas parce que tout le monde libère son vocabulaire et balance des gros mots a tirelarigot qu'il faut faire de même et se mettre à jurer comme des filles des halles au moindre statut facebook.

Vous comprendrez que j'en ai assez de ce monde ou les idées semble obéir à un cahier de tendance saisonnier. L'année dernière on portait du bleu canard et du jaune moutarde...cette année il parait que c'est le rose. Mince j'aime pas le rose.

http://www.lamareaucanard.com/p/les-paves-dans-la-mare.html


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11 commentaires:

  1. Marrant j'ai plutôt le sentiment inverse! Bien sûr qu'on peut se trouver et se sentir manipulé par les média, mais à côté de ça j'ai l'impression que plus la parole se libère du côté de ceux qui en général prônent ce qui pour moi est un recul de la société (propos racistes, sexistes, anti IVG, Anti mariage homo, etc.), plus il me semble difficile de faire valoir les opinions liées à ce qui pour moi doit rester un droit fondamental..... L'IVG par exemple (puisque c'est ce que tu as évoqué), c'est un truc qui pour moi ne doit en aucune façon être remis en cause, mais j'ai l'impression qu'être pour est pris comme de l'irresponsabilité, genre "je suis pour l'IVG donc je vais l'utiliser comme contraception"....

    En fait j'ai l'impression que la parole se libère sur des choses que je trouve odieuses, et que le reste devient petit à petit plus "tabou", trop "politiquement correct"....

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    1. C'est bien là le souci. Aujourd'hui s'exprimer a contre courant du plus grand nombre c'est devenu la déviance. Autrefois c'étaient ceux qui étaient en marge de la société qui brisaient les règles et les interdits qui faisaient avancer le monde.
      Tandis que maintenant j'ai de plus en plus l'impression d'avancer dans un monde cloisonné. Ou la norme dicte la pensée. Sommes nous encore seulement libre de formuler nos propres convictions sans qu'elles s'inscrivent dans une case?

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    2. C'est sûr, là-dessus je te rejoins, et le pire c'est qu'au quotidien, on vit comme ça sans vraiment se poser de questions...

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  2. Et le fait d'être victime d'un odieux attentat terroriste ne donne pas légitimité pour aller faire la guerre un peu partout sans que personne ne puisse s'y opposer...
    On a le droit d'avoir chacun nos opinions, ce qui est grave c'est quand on veut l'imposer aux autres: que celles qui veulent avorter puisse le faire, et que les autres ne le fasse pas, point. Pourquoi vouloir imposer sa vérité aux autres?
    Sinon il y en aurait à dire sur ces médias qui nous manipulent à grand coup de zapping!

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    1. Merci <3
      Chacun son opinion du moment qu'on ne l'impose pas aux autres!

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  3. J'avoue que je n'aime pas le rose non plus!
    (oui j'ai lu l'article)
    Joke ;)

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  4. Moi j'aime bien le rose mais pas le bleu canard ni le jaune moutarde.
    Je suis pour l'IVG, la peine de mort et l'euthanasie ! Dans l'ensemble je suis plutôt cohérente.
    Les femmes qui avortent sont les mêmes qui font les enfants. Il n'y a pas deux catégories de femme : l'une qui avorte et l'autre qui fait des enfants ! Chacune est libre de faire son choix puisqu'en France c'est autorisé et nous sommes dans un pays libre, même si parfois j'ai l'impression que nos libertés sont grignotées. Mais nous avons quand même la chance de vivre dans un pays où l'on peut dire ce qu'on veut et faire ce qu'on veut. Dans certains pays ton article n'aurait pas pu être publié !

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  5. Je suis pour la liberté d'opinion, je suis pour la liberté d'expression. Tant que celles-ci se font dans le respect des autres.
    Je suis pour l'IVG car je pense qu'il vaut mieux cela qu'un enfant battu ou abusé :( et "se forcer" à avoir un enfant pour une question de moralité peut être dévastateur pour l'enfant, pour moi mieux pas de vie qu'une vie horrible, mais c'est clairement une vision on ne peut plus subjective :)

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    1. Mais pourquoi un enfant non élevé par sa mère serait il forcément abusé ou maltraité? On peut ne pas désirer un enfant mais faire le choix de tout de même lui donner la vie. Non?

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