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L’allaitement, cette drogue.

Je savais que j’allais aimer allaiter mais pas à ce point…
Je suis tombée dans l’allaitement exclusif comme on tomberait dans un chaudron de potion magique.
C’est une chose étrange de constater comme nous humains sommes guidés par nos hormones. Nous qui nous croyons si supérieurs et maîtres de nous même.

Depuis presque 6 mois j’allaite ma petite fille. Un allaitement dans lequel je m’épanouis totalement.
Bien sur tout n’a pas été tout rose. Il a fallut une belle période de rodage.
Je me souviens de mes crevasses hyper douloureuses à la maternité et de ma petite qui tétait non stop. Je me souviens de mon premier engorgement, de cette douleur atroce et de la fièvre. Et ces montées de lait violentes? D’un coup cette poitrine qui se gorge de lait et devient dure comme de la pierre. Ces fuites intempestives qui surviennent à tout moment et m’obligent à porter des coussinets absorbants.

Non allaiter ce n’est pas de tout repos car le lait maternel (plus digeste) est plus vite digéré par les bébés et à la différence d’un bébé nourri au biberon et de préparations infantiles, le bébé allaité boit plus souvent.  J’ai aussi constaté et c’est normal puisque les besoins de ma fille grandissent que les tétées au bout de 6 mois sont plus longues et qu’elle réclame maintenant à chaque repas de se nourrir des deux seins.

Je suis aussi contrainte de faire attention a ce que je mange et bois. Plus d’alcool c’est évident mais j’ai aussi adopté un régime alimentaire censé réduire les désordres intestinaux de ma petite et favoriser mes montées de lait.
J’ai bannis les agrumes et pois. Les premiers sont acides et les seconds font péter. Les deux donnent mal au ventre au bébé. J’ai aussi réduit considérablement l’ajout d’épices.
Pour m’aider à tenir la cadence je mange beaucoup de sucres lents. Vive le blé, les pâtes …

Malgré ces choses qu’on pourrait appeler contraintes je réalise que j’adore allaiter. Et même parfois je me découvre des tendances extrémiste. J’ai beaucoup de mal a accepter qu’on me parle de biberons et de préparations infantiles pour ma fille. Quand je m’installe avec elle dans les bras et qu’elle commence a téter j’ai l’impression qu’on me balance un rail de coke ou que je fume un joint moi qui ne me suis jamais droguée de ma vie j’ai la sensation d’être une toxico de l’allaitement.

C’est tellement addictif que si je n’avais pas le recul de mon premier allaitement foiré et de ma relation avec mon fils ainé réussie malgré un sevrage rapide et les biberons, je porterai un regard super critique sur les mamans qui n’allaitent pas. Ce que je veux dire c’est que lorsque vous vivez un truc génial, que c’est tellement bon que vous êtes limite en train de planer c’est difficile de comprendre ceux qui font le choix de ne pas vivre ça. Heureusement que je sais qu’on peut ne pas allaiter et vivre des choses super chouettes avec son bébé. Je sais bien que l’allaitement n’est pas la pierre angulaire de la maternité.
Seulement une fois qu’on est dedans et qu’on y est bien a fond cela devient une obsession, un besoin et quand on pense que cela va finir un jour on est super triste.

Au final je comprends de mieux en mieux certaines choses. Je comprends et même parfois envisage l’allaitement longue durée. Je comprends qu’on puisse rejeter les préparations infantiles avec tant de force. Allez dire a un alcoolique de remplacer sa dose habituelle par un verre d’eau de fontaine… il vous enverra paître pas très poliment, c’est la même chose pour une maman allaitante. Moi j’ai de plus en plus de mal a ne pas envoyer bouler méchamment ceux qui me conseillent de donner un biberon pour :
-me reposer.
-caler ma fille.
-qu’elle découvre des gouts nouveaux.
-l’habituer au biberon.

Je tire déjà mon lait pour les cas ou je dois m’absenter et pour que papa me relaie occasionnellement.
J’aurai le temps de me reposer … plus tard.
En fait je me plains mais je m’éclate.

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La nouvelle éloïse, Je punis, tu punis, il punit

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