dimanche 17 février 2013

J'ai été un souffre douleur.

Hier ma mère m'a posé une question. Cette question c'était celle que j'attendais tous les soir quand j'avais 13 ans. Nous n'en avons jamais parlé. Elle a toujours évité le sujet.
Je n'ai jamais su pourquoi elle ne m'avait pas questionné. Je suis persuadée qu'elle m'entendait pleurer la nuit. Il est vrai que mes sanglots je prenais soins de les étouffer, dans mon oreiller. Que je travaillais toujours aussi bien en classe. Mais je ne souriais plus. J'y allais à reculons et puis l'instinct maternel dans tout ça? Il était en grève cette année là?

Oui j'ai tout fait pour le cacher mais j'aurai voulu quelque part qu'elle me défende. Je crois que quelque part si aujourd'hui j'ai le cœur aussi dur et si j'ai développé un si fort sentiment d'individualisme c'est parce que je ne veux plus jamais avoir besoin de l'aide de quiconque.
Je ne veux plus jamais ressentir cette sensation d'abandon et de néant.
J'ai appris à me défendre seule. Je me suis battue seule. Je n'ai besoin et ne veut avoir besoin de personne.

Pourtant hier en une fraction de seconde avec cette petite question, je n'avais plus 30 ans. J'avais 13 ans. J'étais debout dans notre petite cuisine avec mon uniforme hideux. J'avais d'un coup 13 ans, les genoux cagneux, les cheveux à la diable, bras trop longs, air godiche. J'ai 13 ans et enfin ma mère me pose cette question tant redoutée et tant attendue:

- Mais à l'école ça allait? Personne ne t'a jamais persécuté?

Je pensais avoir fait le deuil de cette époque de ma vie. Je croyais que ça ne me touchait plus. Que j'étais forte. Adulte. Et puis ces 3 petits corps la semaine dernière ont tout fait remonter à la surface. Pour moi comme pour ma mère.

Ces enfants ont souffert ce que beaucoup souffrent encore en silence. Trop de parents, d'enseignants ou d'encadrants choisissent de fermer les yeux.

On ne sait pas toujours à quel point les enfants
Gardent de leurs blessures le souvenir longtemps
Ni comme on a raison d'aider à s'épanouir
Cette fleur dans leur âme qui commence à s'ouvrir

Moi qui rêvais d'amour de musique et d'espoir
Je m'endormais cerné de frayeurs dans le noir
Certain que tous les rêves étaient sans lendemain
Je m'éveillais toujours le vide entre les mains

Chacun vivait pour lui dans sa tête en silence
Et je chantais mon âme en pleine indifférence
Encombré de mes joies troublé de mes envies
Faisant semblant de rien pour que l'on m'aime aussi
Y.Duteuil

9 commentaires:

  1. J'ai longtemps été la tête de turc, moi aussi j'en garde des séquelles, et jamais non plus mes parents ne s'en sont inquiétés.
    Mon pavé est ici: http://petitsdiables.over-blog.com/article-les-profs-en-greve-115295559.html

    La bise.

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    1. Plus j'écris à ce sujet plus je me rends compte que nous sommes très nombreux à avoir subit des violences à l'école. Pourtant rien ne semble avoir changé!
      C'est atroce!

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  2. Moi, ça m'est arrivée entre 12 et 14 ans et j'ai développé une peur des gens assez handicapantes. Aujourd'hui, je n'en souffre plus mais j'ai beaucoup de mal à faire confiance. L'enfant blessée est toujours quelque part en moi. C'est pour ça que moi non plus, cette vague de suicide chez les jeunes ados, ça ne m'étonne pas.

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    1. C'est vrai. Faire confiance, baisser la garde c'est très difficile! On se blinde!
      Moi non plus ça ne m'étonne pas :/

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  3. Pas facile :( surtout à cet âge.

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  4. J'ai moi aussi souffert de remarques blessantes, sur mon poids (j'étais bien en chair, pas "obèse" dans le sens scientifique du terme), j'étais chatain/rousse (pas poils de carottes, des reflets...) je n'étais pas une leader, je faisais partie d'une "bande", j'avais des amis... Je n'ai pas été une vraie souffre douleur, simplement je subissais des réflexions du genre "les roux ça pue quand il pleut", "si tu tombes dans une descente tu roules jusqu'en bas" ... Rien de bien méchant mais pour l'estime de soi ... quand en plus, on est timide ... ça n'a rien de bon. Je suis maintenant enseignante et je veille à ce qu'aucun de "mes enfants" (entendons "élèves" bien sûr ^^) ne soit un souffre-douleur.Quand on voit les séquelles qu'on peut en avoir encore des années et des années plus tard !!!!
    Ma mère était plus ou moins au courant, je ne m'en souviens plus, elle m'a toujours soutenue. Je pense que je ne voyais pas le "mal" là-dedans, d'autres souffraient bien plus que moi .....

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  5. Les "faits divers" sont terribles, et les enfants sont vraiement très méchants entre eux... Voici mon petit pavé http://ptittraintraindemamzellea.blogspot.fr/2013/02/mon-blog-mes-concours-et-moi.html
    Bises

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  6. J'ai toujours beaucoup de peine en lisant ce genre de témoignage... même si je n'ai pas jamais été "persécuté" au sens propre... j'ai été mise à l'écart, moquée.... j'ai vécu seule ma scolarité avec une mère indifférente à celà.
    Je me souhaite d'être à l'écoute de ma fille pour que cà ne lui arrive jamais

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  7. Moi aussi j'ai été tête de turc et mes parents l'ont pris à la légère à l'époque...Ils m'ont même dit "c'est ta faute, tu devrais être plus sociable" qui reste à jamais gravé en moi. Je ne suis pas devenue plus sociable et j'ai appris à ne compter sur personne. Mais ça me révolte de voir que la situation n'a pas changée voire c'est aggravée (d'autres moyens de "harcèlement" ayant vu le jour). Qu'il y ait des conflits, c'est une chose, mais il faut rester vigilants.

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