jeudi 22 décembre 2011

Les Vies Rêvées...

Nous passons tous un jour ou l'autre devant un miroir. Celui de l'entrée, celui de la salle de bain, celui de l’ascendeur en partant un matin, celui du couloir en sortant du travail. La vitre crasseuse du métro ou celui derrière la boulangère en achetant le pain. Le miroir en question n'a aucune importance. Ce qui compte, c'est ce sentiment. Ce sentiment qui d'un coup vous prend au cœur. Que vous n'aviez jamais ressenti avant ça. Vous vous voyez, dans ce miroir. Vous vous voyez pour la première fois non pas comme vous pensez être. Vous vous voyez comme vous êtes. Vous prenez subitement conscience du temps qui a passé. Vous prenez conscience des premières rides et flétrissures du temps. Vos cheveux moins épais, moins brillants. Vos yeux plus éteints. Mais surtout cette expression que vous voyiez sur le visage de vos ainés. Vous savez cet air un peu grave, ce pli dur au coin de la lèvre. Cette ombre dans le regard de votre mère. Vous regardiez et l'idée ne vous effleurait même pas qu'un jour vous aussi vous auriez cette tête là... Mais le temps passe.

Il file plus vite qu'on ne le sens. Et un beau matin on se retrouve là, devant ce miroir et on se voit tel que l'on est. On voit bien que quoi qu'on fasse. Peut importe l'air qu'on se donne, les vêtements que l'on porte, le maquillage, le camouflage, l'heure est venue pour nous aussi.
Alors on y repense avec nostalgie. On se replonge dans ces instants de notre enfance. On se revoit sur les genoux d'un parent. On se revoit courant sur la plage. Les jambes toujours plus grandes. Les jours défilent. On stoppe sur les instants décisifs. On se pose inévitablement cette question! Que serais je si j'avais pris telle route et pas celle là? Si je l'avais choisi lui plutôt que celui là? Si j'avais dit oui plutôt que non?

On se surprend à refaire sa vie. On se prend à rêver sa vie. Une autre vie, différente, pas forcément plus facile, ni plus belle, simplement différente, si nos choix avaient été autres...
Pendant quelques instants suspendus dans le temps, on touche du doigt nos rêves. On les étreints contre nos cœurs, on les enjolive on s'y accroche...jusqu'au moment ou un dernier coup d’œil au miroir ne le brise, ne l'éparpille.

Comme une simple nuée colorée, le rêve s'évanouit soufflé d'un battement de cil.

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6 commentaires:

  1. Ce billet est sublime, il m'emmène vers la réflexion... Merci beaucoup. Vraiment.

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  2. oh que si j'ai déjà ressenti ça... tu l'exprimes très bien!

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  3. Si tu savais comme ce billet me parle. Surtout depuis quand que j'ai un enfant. La regarder, c'est comme regarder une horlige qui tourbe et qui te sit,"tu ne fais plus partie de la jeune generation...". Mais on a la sagesse et la philosophie encore... Et l'energie pour etablir encore quelques reves...

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  4. très beau, et très vrai...merci...

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  5. Mais de rien! J'avais envie de partager ce sentiment avec vous!

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  6. J'aurais souhaité écrire un joli commentaire pour ce billet qui me parle, mais tout ce que je trouve à dire c'est que j'ai lu "un battement de cul"...

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Une bouteille à la mare?