lundi 3 octobre 2011

Un coeur, d'une poitrine à l'autre!

Vendredi dernier, je me suis rendue au Salon Baby. Je pourrai vous parler longuement des stands et des animations. Cela viendra! J'ai fais de belles rencontres sur ce salon. Une en particulier, dont je veux vous parler en premier. Une rencontre qui m'a poussé à me poser des questions. Des questions que nous parents, nous posons rarement. Des questions que nous ne voulons pas, nous poser.



En arrivant au parc floral de Vincennes j'ai été abordée par une jeune maman qui semblait perdue. Souriante, elle m'a demandé si je me rendais au Salon Baby.Rapidement nous avons sympathisé. Lama est originaire de Syrie et est très timide. Elle était venue avec sa petite fille, Laura. Une ravissante petite brune de 3 ans. Toutes deux armées de nos poussettes nous avons pris d'assaut le salon. Passant de stands en stands, papotant comme des pies! Et c'est ensemble que nous nous sommes rendues au point de change Pampers. Installées côtes à côtes nous changeons nos bambins quand je remarque la cicatrice.

Une longue cicatrice sur la poitrine de la petite Laura. Lama m'explique alors que sa fille à subit il y a plus d'un an une greffe. Elle m'explique longuement son histoire, leur histoire. La naissance de sa fille et rapidement le diagnostic, malformation cardiaque. La greffe inévitable et vitale qui se fait attendre. L'angoisse, la peur, l'attente. Puis ce coup de téléphone annonçant qu'un greffon était disponible. L'opération si longue et encore l'angoisse. Puis le réveil, la joie, la délivrance. Enfin chaque jours, le traitement, les médicaments, le lourd suivi et cette angoisse toujours d'un rejet mais la joie de voir sa fille vivante. La reconnaissance envers les parents du donneur dont pourtant ils ne connaitront jamais l'identité. Et puis aussi la tristesse car un organe greffé n'a pas une durée de vie illimitée. D'ici 10 ans la petite Laura risque de nouveau de se retrouver en sursis. Dans l'attente d'une nouvelle greffe.

Bien longtemps après mon retour à la maison, les questions on tourné dans ma tête. Je pensais à la petite Laura bien sur. Surement au chaud dans son lit. Mais je pensais surtout au petit donneur. Pour que la petite Laura soit sauvée, il avait fallu qu'un autre enfant décède. Mais pas seulement! Il avait fallu que ses parents acceptent le don. Et la question qui me vrillait le crâne:
Comment accepter? Comment accepter la mort de son enfant et donner, dans un laps de temps si court son accord? Accepter qu'on ouvre votre enfant et que ses organes soient utilisés? Je pensais en moi même: Oh mon Dieu! Je suis en train d'envisager la mort de mon enfant! Je suis en train de l'imaginer mort et de me demander ce que je ferrai! Quelle décision je prendrai!

Et puis j'ai revu le sourire de la petite Laura. La reconnaissance dans les yeux de Lama et je me suis dit que la réponse était là. Oui nous devons tous envisager cela. Pour que des petites Laura puissent survivre: Il faut que nous parents, avant que le pire n'arrive penser à cela et prendre la décision.
Car une fois le décès prononcé les parents doivent très vite décider s'ils acceptent où pas le don d'organes. Passé ce délais c'est trop tard et les organes sont perdus. Des centaines de vies pourraient être sauvées si plus de famille se posaient ces questions en amont et en discutaient.

Alors pour toutes les Laura encore en attente d'une greffe, tous ces enfants dont la vie est sur liste d'attente: Pensez y! Et parlez en autour de vous!

19 commentaires:

  1. ouh punaise, tu m'as mis les larmes aux yeux :(

    c'est vrai que c'est un sujet dont on a jamais parlé avec mon homme. Autant en ce qui nous concerne nous on sait mais pour nos enfants, je ne l'ai jamais envisager :/

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  2. Merci pour ton émouvant billet qui donne à réfléchir. Passe un bon début de semaine

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  3. C'est toujours intolérable de penser à la mort de ses enfants, mais je crois que si ça devait arriver, je ne me poserai pas longtemps de questions par rapport au don d'organes.
    Je suis pour à 100%.
    Une malformation cardiaque grave a été décelé sur le fils de ma meilleure amie durant la grossesse... Il aurait du avoir un intervention lourde dès la naissance avec très peu de chance de succès... Ils ont pratiqué une IMG.
    Cette petite Laura a eu de la chance.

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  4. Je n'avais jamais pensé à ça avant ce matin; pour moi, pour Mamour oui on en a parlé, mais pour le Loup.... C'est dur comme décision, mais en même temps c'est tellement important...

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  5. Merci pour cet article.
    Personnellement vu que j'y ai deja réfléchis pour moi, j'ai aussi décider pour mes enfants.
    C'est bien d'y penser avant

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  6. Je vous avoue que cette question ne m'avait jamais effleuré. On y pense souvent pour nous, mais c'est très dur d'y penser pour nos enfants. Rencontrer laura et sa maman m'aura permis d'ouvrir les yeux!

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  7. Je suis donneuse d'organes et je pense (on n'est sûr de rien) que j'accepterais de donner ceux de mes enfants...Parce que me dire que grâce à eux d'autres enfants vont vivre, c'est comme garder une petite part d'eux en vie aussi...Et dans la situation inverse, je voudrais pouvoir sauver mes enfants grâce à des parents malheureux mais extraordinairement généreux...

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  8. Doudie Hastey03/10/2011 11:03

    Pareil que Nat, travaillant dans le milieu hospitalier et plus particulièrement dans un service où les greffes sont monnaie courante, je sais que je donnerai sans y réfléchir plus que ça.

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  9. un beau billet! qui fait reflechir!

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  10. ben, nous c'est clair pour moi et mon mari c'est oui au don d'organe alors je pense tout naturellement que pour nos enfants ça serait pareil...
    c'est important d'en parler je suis d'accord, même si c'est assez affreux d'y penser
    bravo pour ce billet
    bizz

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  11. Merci pour ce magnifique article qui nous a toutes fait réfléchir dès le matin, je pense désormais à cette éventualité avec moins d’égoïsme et suis à 100% pour même l'éventualité me donne des frissons..

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  12. J'espère que beaucoup de famille se poseront la question (même si c'est difficile) et prendront cette décision. Ici c'est encore difficile avec mon mari qui est contre. Il est aveuglé par je ne sais quoi! Mais je vais le travailler au corps!

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  13. Ton billet m'a fait pleurer.
    Il m'a fait imaginer aussi la mort de l'un de mes enfants, et si cela devait arriver un jour, j'espère que j'aurais le courage de faire don de leurs organes. Tout comme j'espère que si l'un de mes enfants avait besoin d'un organe, quelqu'un serait là pour donner

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  14. très bel article. c'est toujours difficile de penser au pire, mais c'est pourtant utile. Le moment venu, le chagrin n'aide pas à la réflection. Et si on peut sauver une vie....

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  15. Je suis pour le don d'organe, tous mes proches le savent. Je les incite d'ailleurs à en parler. On peut dire que je suis du genre informée, je suis d'ailleurs inscrite sur le registre de don de moelle osseuse, j'ai organisé des collectes de sang... et pourtant je n'avais encore jamais pensé à ma fille.
    C'est difficile. Pardon pour le mot, mais spontanément j'ai pensée au terme "vidée" de ses organes. C'est dur ! Et pourtant ce choix, c'est la vie sauvée d'autres enfants.

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  16. J'ai ma carte de donneuse d'organes depuis des années mais je ne suis pas encore maman.
    Mes convictions concernant le don d'organes sont tellement fortes, tellement ancrées que je sais pertinemment ce que je répondrai, si un jour je suis dans la douloureuse position d'avoir à me poser cette question.

    Un très beau billet, merci à toi !

    *

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  17. Très bel article qui pousse effectivement à la réflexion...
    Au plaisir de te lire.
    Thalie

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  18. C'est vrai que je n'y ai jamais pensé. Dans la mesure où mon mari et moi sommes pour le don d'organe, je pense que je n'hésiterais pas une seconde à sauver une vie.

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  19. Quand j ai annoncé il y a 9 ans à ma mère que j avais prévenu l ADOT de la naissance de mon enfant pour l y inscrire , elle a été choquée... Comme si ça allait nous porter malheur cette démarche. Heureusement je ne suis pas superstitieuse ! C est important de se poser la question tout de suite

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