jeudi 28 juillet 2011

Un Conte d'été.


             C'était un lundi de juillet, sur la grande pelouse du parc municipal, tout était prêt pour la fête de fin d'année des grands de l'école primaire. 
Dans l'après-midi, quelques parents avaient préparé des tables et des chaises qu'ils avaient disposées sous les arbres.On avait disposé sur les tables, des nappes multicolores, des confettis et des animaux en papier confectionnés par les enfants pour l'occasion. De plus une corde tendue  agrémentée de fanions donnait à la partie, des airs de fête foraine.La fête ne devait débuter qu'à six heures, alors on avait stocké toutes les victuailles dans la grande maison. Cette bâtisse autrefois en ruine se dressait au milieu du parc, le maire venait de la faire rénover afin qu'elle serve de bibliothèque mais pour l'instant il lui manquait encore portes et fenêtres et c'était un excellent abri en cas d'averse.
Ce matin là, tout le monde arriva un peu en avance et les tables ne tardèrent pas à crouler sous le poids des bouteilles, des plats garnis et des assiettes. Celles des enfants regorgeaient de bonbons, de sodas, de pain d'épice, de sucettes, de gaufres, de chocolat, de cacahuètes et de biscuits salés.
Il y avait de tout en abondance. C'était bien plus que les enfants pouvaient avaler, même s'ils s'étaient rués sur le jus de fruit et la limonade qu'ils buvaient à grands traits. D'ailleurs, Carla eu très vite mal au ventre et Micheline et Karen durent l'accompagner dans les buisson où elle vomit.
Les adultes ne remarquèrent rien. Ils étaient bien trop occupés à déboucher des bouteilles et à trinquer. C'était leur dernière fête tous ensembles et ils voulaient célébrer la bonne entente qui avait régné à l'intérieur de leur groupe. Après les vacances d'été, les enfants seraient dispersés dans des écoles différentes et ils ne se reverraient sûrement pas.
Les enfants en profitèrent pour lancer un concours: à celui qui mangerait le plus de gaufres! Koralie l'emporta haut la main. Puis John prit une des pâtisseries et l'expédia sur Karl mais il le manqua et elle atterrit dans les cheveux de Micheline qui dut, aidée de Karen, retirer de ses cheveux en pestant, la masse gluante du gâteau. Carla eu de nouveau envie de vomir et cette fois ce fut Koralie qui l'accompagna dans les buissons.
Le père de Karl venait de rapporter une caisse de champagne de la maison. Les premiers bouchons sautèrent.
John proposa alors un concours pour savoir qui avalerait le plus de chocolat. Mais le autres protestèrent, trouvant ces concours ennuyeux, et quittèrent leurs chaises. Quelques parents s'étaient eux aussi levés. Réunis par petits groupes, ils fumaient, buvaient et discutaient.
-Faisons une course à l’œuf! Proposa Henry.
Mais en revenant de la table où il était allé cherché quelques cuillères et un plat rempli d’œufs durs il vit que personne ne voulait jouer avec lui. Alors il se mit à bombarder la maison avec les œufs. Ses camarades, trouvant cela très drôle, l'imitèrent aussitôt.
Mara leur jeune maîtresse, se dirigea vers eux en chancelant.
-Vous ne pourriez  pas jouer à autre chose, quelque chose de plus intelligent? Demanda-t-elle d'une voix pâteuse.
-Et à quoi? Demanda Denis.
-D'habitude, vous avez des idées! fit la jeune femme.
-Pourquoi les grandes personnes ne jouent-elles pas avec nous? cria Karen de sa voix haut perchée.
-Oh, oui! Renchérit Carla. L'année dernière, vous avez joué à la course en sac et à la pêche miraculeuse.
-Nous préférons vous laisser entre vous.
-Ouais, vous voulez surtout vous débarrasser de nous! ironisa Claire.

                                                                       
Mara eut un rire gêné.
-Bien sûr que non... Mais vous savez, nous sommes réunis pour la dernière fois et nous avons envie de bavarder un peu...
-Tu parles! Grogna Denis. Vous n'arrêtez pas de discuter.
-Je vais leur demander de jouer à la course avec nous, déclara Karl en courant en direction d'un groupe où bavardait sa mère.
Il ne tarda pas à revenir, furieux.
-Ils ne veulent pas. Ils disent que nous sommes assez nombreux pour nous amuser entre nous.
Les autres prirent une mine consternée et un peu désemparée.
Mara eut une idée.
-Pourquoi ne jouez vous pas à cache-cache. Le parc est assez grand.
-Oh, oui s'écrièrent les enfants ravis.
Soudain une goutte frappa la joue de Micheline et bientôt il se mit à pleuvoir. Tous se précipitèrent dans la maisons emportant tables garnies et chaises. Ils s'installèrent dans le grand salon. Les adultes reprirent leurs conversations et les enfants dépités regardaient le ciel en maudissant la pluie. Qu'allaient ils faire à présent?
Mara, voyant leurs mines déconfites leur dit.
-Voyons les enfants la partie vous pouvez la faire dans la maison vous savez, elle est très grande.
-C'est vrai crièrent ils, allons y.
La nuit commençait à tomber un parent sorti des bougies qu'il alluma. Les enfants discutaient avec animation pour choisir un loup quand l'orage éclata. La maison se mit à trembler secouée par le tonnerre et on voyait sur les murs les zébrures des éclairs. D'autres bouchons sautèrent et les parents rirent plus fort.
Les enfants s'approchèrent.
-Vous jouez avec nous?
-Nous, pourquoi donc? Vous n'êtes plus des bébés. Répondit une mère.
-Mais il va faire nuit! Dis Karen.
-Et alors? Demanda son père en riant.
-Nous ne voulons pas y aller tout seuls, protesta John. Nous avons... peur du noir.
Les adultes éclatèrent de rire.
-Et vous voulez entrer au Collége! Ironisa la mère de Koralie.
Il y eu un conciliabule dans le groupe d'enfants. Puis ils se mirent en cercle et Micheline d'un geste solennel se mit à faire le jeu du sort. Elle pointait un enfant à chaque syllabe de la formule et celui sur lequel s'arrêtait le chant était épargné. AMSTRAMGRAM : PIC ET PIC ET COLEGRAM.
Au bout du compte le seul enfant qui restait fut le loup et c'était Carla. Elle colla son front contre un mur et se mit à compter, les autres s'éparpillèrent en courant dans toute la maison.
Les parents les regardèrent partir en échangeant des propos nostalgiques sur les années de maternelle, à présent révolues.
-Quels gentils enfants! S'exclama la mère de Karl.
-Oui, ils s'entendent si bien, renchérit le père de Carla.
-Et ils ont toujours de bonnes idées, assura Mara en riant.
Pendant ce temps les enfants s'étaient éparpillés dans la maison on entendait leurs petits pieds dans les couloirs et à l'étage.
Carla avait fini de compter et elle avait à son tour disparue.
                                                               
                                                        

Les parents entendaient des gloussements et des chocs sur les murs, des bousculades et des galops puis les bruits se firent plus rares et légers...
Au bout d'un moment le silence revint et on entendit plus rien.
-Que font ils, demanda la mère de John.
-C'est sans doute un nouveau jeu, répondit le père de Micheline. Ils vont se cacher et nous devront les chercher...
-Mon Dieu! Je n'en ai guère envie, soupira la mère de Koralie.
Le père de Karl ouvrit une nouvelle bouteille de champagne.
-Bah, ils ne tarderont pas à revenir quand ils s'ennuieront, déclara-t-il.

Une heure plus tard alors que la nuit était alors parfaitement tombée, les parents commencèrent à manifester une certaine nervosité.
 Au bout d'une autre heure ils se mirent enfin à la recherche de leurs enfants.
Au pied de l'escalier du grenier, ils découvrirent Carla. Elle avait de nouveau vomi et était si faible qu'elle s'était laissée choir sur le plancher sans pouvoir faire un pas de plus.
-Où sont les autres? S'écria la mère de Micheline.
-Je ne sais pas. Répondit Carla d'une voix lasse.

Les parents fouillèrent la maison et le parc jusque dans ses moindres recoins. Ils passèrent la nuit à les chercher. Tous les habitants du village participèrent à la battue mais les enfants s'étaient volatilisés sans laisser aucune trace.

                                                                                                         FIN     

6 commentaires:

  1. Oh mon Dieu c'est quoi ça? T'as mal dormi ma canette, t'as fait des cauchemars? Ca y est tu m'as traumatisée pour la journée!! Je savais que ça allait mal finir cette histoire dès que les gens ont commencé à trinquer haaaa!! Il va y avoir une suite hein???

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  2. ^^ Mais non j'ai pas mal dormi!!! C'est si traumatisant que ça?

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  3. Un peu traumatisant mais plein de suspens. Il faut une suite, c'est obligatoire !

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  4. bon ben si ça vous dit d'écrire la suite^^ Pourquoi ne pas tenter le truc? Chacune propose une suite à cette histoire!

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  5. ah bah nan, tu peux pas lâcher comme ça...ils sont où les autres gosses????

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  6. oh bah alors, c'est flippant ça ! Ils sont passés où les enfants ???

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